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Helena Noguerra Fraise Vanille – Son Clip teaser !
« On s’est connus, on s’est reconnus, on s’est perdus d’vue »… « J’ai la mémoire qui flanche »… « Les printemps ont comme des parfums, un deux trois, un deux trois, cinq six suaves »… Des mots d’amour, de chansons d’amour. Amour-passion ou amour-papillon. Chansons dont on oublie qu’elles ont surgi dans les années 60, signées d’un certain Bassiak ; chansons devenues mots de passe amoureux transmis par la mémoire collective. Leur intime murmure nous accompagne depuis toujours, dirait-on. Depuis l’enfance, en tous cas, pour Helena : sa mère les chantait.
Helena a grandi, et chanté à son tour ; publié des albums singuliers, séduisants. Parmi lesquels Azul, beaucoup bossa, souvent en portugais, sa langue maternelle ; Née dans la nature, jazz hypnotique, sourire clair et zones d’ombre ; Bang !, cavale folk-soul à Tucson en compagnie de Federico Pellegrini … Quand elle ne chante pas, Helena écrit : deux romans déjà (L’ennemi est à l’intérieur, Et je me suis mise à table), dotés d’héroïnes schizophrène pour l’une, cannibale pour l’autre. Quand elle n’écrit pas de romans, c’est une pièce de théâtre – qu’elle interprète : Et après, ou le véritable destin de Blanche-Neige…
Quand elle ne chante pas, quand elle n’écrit pas, quand elle ne joue pas…, Helena lit. Un jour, c’est Le Testament amoureux, de Serge Rezvani. Coup de coeur. La lectrice envoie une lettre à l’auteur. Une correspondance nonchalante s’ensuit, sans suite. Enfin, pas tout de suite…
En octobre dernier, à la Maison de la poésie à Paris, Helena organise (avec la complicité de Marie Rose, de la librairie des Abbesses) une soirée-surprise en hommage à Rezvani. A nouveau résonnent les chansons de Bassiak (vagabond, en russe), pseudonyme adopté par Serge Rezvani, alors peintre, quand ses jeux pour voix et guitare – conçus pour la femme aimée et connus de leurs seuls amis, Boris Vian, François Truffaut, Francesca Solleville, Jeanne Moreau…- ont quitté le cercle privé pour aller au cinéma. Dans Jules et Jim, de Truffaut, Jeanne Moreau a chanté Le Tourbillon ; Anna Karina a interprété Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours pour Pierrot le fou, de Godard. Puis Francesca Solleville les a chantées sur scène, et Jeanne Moreau en studio.
A Paris, ce soir d’octobre, Helena a convié Mona Heftre – qui a remis en lumière, ces dernières années, les chansons de Bassiak. Et aussi Anna Karina, pour des duos avec Philippe Katerine – comme ils l’avaient fait naguère lors d’un festival. Philippe Katerine et sa compagne Helena se partagent à leur tour un titre, après les interprétations en solo d’Helena elle-même. A la fin de la soirée, l’auteur Rezvani saute sur scène et se fait chanteur (comme dans l’intégrale discographique qu’il a entreprise en 2004)…
Rezvani vient de se découvrir une nouvelle interprète ; découvre que c’était elle, Helena, sa correspondante discrète. Elle sait déjà que c’était lui, l’auteur des délices d’enfance fredonnés par la voix maternelle ; que c’est lui, « Fraise vanille » (son oreille avait ainsi traduit le nom prononcé par un ami qui écoutait ces chansons avec elle)… Helena est à l’origine de cet album. De son idée, de son projet est née cette rencontre entre deux créateurs. L’une qui refuse d’être « définitive » et « définie », préfère utiliser plusieurs formes d’expression, ce qui lui vaut d’être traitée de dilettante ; l’autre, « multi-indisciplinaire », pour reprendre son mot de peintre-auteur-compositeur-dramaturge-écrivain-poète. Une connivence de plus entre eux, cette liberté de langages. Qui se manifeste jusque dans le choix espiègle du titre de l’album, Fraise vanille. Et dans l’intitulé de la chanson inédite, écrite pour ce projet : Caresse-moi.
Helena chante Rezvani. Un sourire, une mélancolie, une rêverie, un envol vibrent dans sa voix. Aveux, mensonges, pavanes amoureuses s’en réenchantent. Auprès de celle d’Helena, ici et là, d’autres voix : Marie-France, Philippe Katerine, Vincent Delerm… Et Rezvani. Gourmands partages.
Autour de la voix d’Helena, la ligne claire dont Seb Martel et elle ont habillé, déshabillé plutôt, ces lumineuses demoiselles. Quelques trilles d’un piano-oiseau (tenu par Benoît Delbecq, le complice d’Azul, et par Julien Baer sur La Mémoire qui flanche) ; un vibraphoniste nommé Bertrand Burgalat (patron de Tricatel, producteur d’Azul) ; une clarinette pour un Tourbillon ; un banjo, un violoncelle, un peigne (dont joue le père d’Helena), des guitares acoustiques et électriques, Franck Monnet en choriste-complice… Sons en apesanteur, sculptant le silence autour des mots, des mots d’amour, amour-passion ou amour-papillon.
Et nous voilà repris dans le tourbillon de la vie des refrains de Rezvani. Et nous voilà sous le charme du chant dansant d’Helena. « Chaque jour te réinvente », dit l’amoureux à l’aimée ; la conceptrice de Fraise vanille réinvente chacune de ces chansons. A nouveau nous tombons amoureux de leur folle jeunesse. On les connaît, on les reconnaît…
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