La CAF a dévoilé son nouvel algorithme dans le but de lutter contre les fraudes toujours très présentes en France !
La CAF franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les fraudes aux prestations sociales. La Caisse nationale d’allocations familiales a présenté, jeudi 15 janvier, un nouvel algorithme. Il aidera à mieux cibler les contrôles réalisés par les caisses locales.
La CAF lutte contre les fraudes
Chaque année, la CAF aide une part importante de la population française. Pas moins de 13,8 millions de foyers bénéficient d’au moins une prestation, pour un montant total de 108,6 milliards d’euros versés en 2024.
Une telle ampleur implique un suivi rigoureux des dossiers afin de garantir l’équité du système. La Cnaf rappelle ainsi que les 101 CAF du territoire réalisent « des contrôles pour vérifier l’exactitude des dossiers, détecter les erreurs, informer et conseiller l’allocataire sur ses droits et repérer les fraudes ».
« En effet, les prestations reposant en partie sur les déclarations de ressources, de situation familiale, de logement…, avec une réglementation parfois complexe, des erreurs peuvent se produire ».
Ces contrôles ne visent pas uniquement la fraude volontaire. Des erreurs peuvent apparaître sans intention particulière. C’est notamment le cas en raison de changements de situation mal déclarés. Certains ont aussi du mal à comprendre certaines règles difficiles.
Lorsque la CAF constate un écart entre les droits réels et les sommes versées, une régularisation intervient. Cette correction peut concerner aussi bien un trop-perçu qu’un montant insuffisant.
Des millions de contrôles
En 2024, 31,5 millions de contrôles ont eu lieu. L’algorithme de datamining en a sélectionné moins de 1 %. Ce nouvel outil porte le nom de Datamining Données entrantes 2026, ou DMDE 2026. Il repose sur une méthode décrite comme une « démarche scientifique ».
Il « permet d’estimer une probabilité de risque d’indu dans certains dossiers ». L’algorithme de la CAF ne déclenche donc pas directement une sanction. Il constitue une première étape avant un contrôle.
Cet algorithme se fonde tout simplement sur l’attribution d’un « score de risque ». La version précédente de cet algorithme datait de 2018. Depuis cette période, le paysage des aides sociales a profondément évolué.
La réforme des aides au logement et la mise en place progressive de la solidarité à la source de la CAF ont modifié les règles de calcul et de versement. Face à ces changements, la Cnaf a jugé nécessaire de revoir son outil de ciblage.
Et ce, afin de l’adapter aux nouvelles réalités. La question de l’éthique occupe une place centrale dans cette refonte. La Cnaf affirme avoir travaillé avec « une approche éthique dès la conception ».
Des données personnelles exclues de l’algorithme
Cette volonté se traduit par des choix précis dans les critères utilisés. L’algorithme se concentre uniquement sur les situations présentant un enjeu financier significatif. Les dossiers ciblés concernent des indus d’au moins 600 euros sur une période minimale de six mois.
Certaines données personnelles restent volontairement exclues du dispositif. Le genre, la nationalité et l’adresse ne sont pas pris en compte dans les calculs. Cette décision vise à réduire les risques de discrimination.
Cela permet aussi de bien garantir un traitement équitable des allocataires. La CAF cherche ainsi à rassurer sur l’usage de ces technologies, souvent perçues comme intrusives. Ce nouvel algorithme a aussi pour but de moderniser les services publics.
Sachez que l’objectif reste donc l’amélioration de l’efficacité des contrôles. L’organisme souhaite aussi éviter de multiplier les démarches inutiles pour les bénéficiaires.
En ciblant mieux les dossiers à risque, il espère consacrer davantage de temps à l’accompagnement et au conseil. Reste à savoir si cette méthode se montrera efficace. Affaire à suivre, donc !