Ces salariés ne pourront plus financer le permis de conduire avec leur CPF ?

Il se pourrait bien que de nombreux salariés ne puissent bientôt plus financer le permis de conduire avec leur CPF !

La réforme du Compte personnel de formation suscite une vive inquiétude chez de nombreux actifs. Dans le cadre du Projet de loi de finances, une mesure prévoit de retirer aux salariés la possibilité de financer leur permis de conduire avec leur CPF.

La fin du financement du permis de conduire avec le CPF ?

Le permis de conduire représente la formation la plus financée via le CPF. Ce succès s’explique facilement. Pour des millions de Français, notamment hors des grandes villes, la voiture reste indispensable pour se rendre au travail.

Ouvriers, aides à domicile, salariés en horaires décalés ou travailleurs en zone rurale dépendent directement de ce précieux sésame. Supprimer ce financement pour les salariés revient à fragiliser une partie importante de la population active.

L’association « 40 millions d’automobilistes » et la fédération des auto-écoles nouvelle génération dénoncent une décision qu’elles jugent profondément injuste. Selon elles, cette réforme crée une fracture territoriale majeure.

Les salariés concernés cotisent chaque mois pour leur CPF, mais se verraient privés de l’usage de cette épargne pour répondre à un besoin essentiel. La critique est sévère et résumée par une phrase choc adressée au législateur : « Vous avez cotisé pour rien ».

Le permis de conduire se montre très important pour l’insertion et le maintien dans l’emploi. De nombreux jeunes actifs ont construit leur projet professionnel en comptant sur le CPF pour financer cette formation coûteuse.

Une dépense importante

En moyenne, le passage du permis représente une dépense comprise entre 1 500 et 1 800 euros. Sans aide, cette somme devient un obstacle majeur pour les salariés modestes et les travailleurs précaires.

Pour « 40 millions d’automobilistes », la réforme traduit un mépris pour ceux qui vivent loin des métropoles. La mobilité n’est pas perçue comme un confort. Il s’agit plutôt d’une condition de survie professionnelle.

Le permis de conduire permet d’accepter un emploi, de conserver son poste ou d’envisager une reconversion. Retirer ce levier aux salariés risque de bloquer des parcours entiers et de freiner la dynamique de l’emploi.

L’article 81 du Projet de loi de finances pose aussi un problème économique. Refuser le financement du permis à une personne en emploi, mais l’accepter une fois qu’elle est au chômage, apparaît comme une incohérence de taille.

Cette logique privilégie la réparation plutôt que la prévention. Elle peut conduire à davantage de ruptures professionnelles. Pourtant, l’objectif affiché reste la lutte contre le chômage.

Un vrai danger

Le permis de conduire devient alors le symbole d’une double peine. Les salariés doivent assumer seuls un coût élevé malgré leurs cotisations passées. À cette charge financière s’ajoute un risque accru pour la sécurité routière.

Les chiffres montrent que 23 % des jeunes se disent prêts à conduire sans permis. En rendant l’accès plus difficile, la réforme pourrait accentuer ce phénomène et multiplier les situations dangereuses sur les routes.

Cette perspective inquiète les acteurs du secteur automobile et de la formation. Des travailleurs précaires pourraient se retrouver contraints de conduire sans assurance pour conserver leur emploi. Les conséquences seraient lourdes.

C’est aussi bien le cas sur le plan humain que collectif. La suppression du financement du permis de conduire pour les salariés envoie un signal jugé très négatif pour l’avenir de la mobilité professionnelle.

Face à cette situation, une alternative existe. Les associations proposent de réguler plutôt que d’exclure. Un plafonnement du montant mobilisable via le CPF pour tous les publics permettrait de maîtriser les dépenses sans remettre en cause l’universalité du dispositif.