Permis de conduire : c'est la fin, votre compte CPF ne permet plus de financer l'examen !

Si vous espériez financer votre permis de conduire à l'aide de votre CPF, sachez que ce n'est plus possible pour cette raison...

En 2026, le permis de conduire poursuit sa transformation en profondeur, dans la continuité des réformes engagées ces dernières années. Et parmi les changements notoires, la fin du financement via votre CPF.

Permis de conduire : des changements à la chaîne

Le changement le plus visible du permis de conduire concerne sa dématérialisation. Le permis numérique, désormais pleinement intégré au quotidien, peut être stocké sur smartphone et présenté lors d’un contrôle routier.

Ou bien pour certaines démarches administratives. Cette évolution vise à simplifier la vie des conducteurs tout en renforçant la fiabilité des contrôles.

Autre évolution majeure : la remise en question du permis valable à vie. À l’échelle européenne, une réforme prévoit l’instauration d’une durée de validité limitée, généralement autour de quinze ans.

Le renouvellement se ferait sans repasser l’examen, mais pourrait inclure une déclaration sur l’aptitude à conduire. Voire un contrôle médical pour les conducteurs les plus âgés.

L’objectif est d’améliorer la sécurité routière et d’harmoniser les règles entre pays membres. Sur le plan social, l’accès au permis pourrait devenir plus contrasté.

En effet, certaines aides financières destinées aux jeunes ou aux apprentis tendent à être réduites ou recentrées. Ce qui risque d’augmenter le reste à charge pour une partie des candidats.

La fin du financement via le CPF devient réalité

Pendant des années, la mention « Finance ton permis auto ou moto avec ton CPF ! » s’affichait en grand sur les vitrines des auto-écoles. Mais avec le budget 2026, adopté via le 49-3, cette possibilité disparaît.

En effet, il n’est désormais plus possible de financer son permis de conduire grâce au Compte Personnel de Formation (CPF). Et au fond, la question mérite d’être posée.

Le CPF a-t-il vocation à payer le permis moto d’un expert-comptable ? Ou à financer un CAP de pâtisserie pour un commercial en concession automobile ?

La réponse est clairement non. À force, ce dispositif a été détourné de son objectif initial. Dans les faits, le CPF a largement servi à financer le permis de conduire.

L’an dernier, sur 1,5 million de candidats, un sur quatre a utilisé son CPF, selon le ministère du Travail. Une pratique désormais restreinte : seuls les demandeurs d’emploi pourront encore y recourir, ce qui peut se justifier.

Il faut aussi pointer une forme d’opportunisme. Le coût moyen du permis est passé de 1 600 euros en 2012 à près de 1 900 euros en 2022, soit une hausse d’environ 20 %, bien supérieure à l’inflation sur la période (+13,6 %), selon l’Union nationale des automobilistes de France.

Permis de conduire : pourquoi ce changement soudain ?

Depuis l’ouverture du CPF au permis en 2019, ce financement représentait une aubaine évidente. Dans la majorité des cas, pourtant, il ne s’agissait pas d’un outil indispensable pour conserver ou retrouver un emploi, mais d’un simple confort.

Et lorsque le permis constitue un réel enjeu professionnel, un employeur pourra toujours accompagner son salarié, notamment à l’issue d’un entretien de carrière. Financé par une contribution des employeurs, le CPF accompagne les salariés.

En particulier les moins qualifiés, afin de favoriser la formation tout au long de la vie. Encore faut-il que les entreprises jouent le jeu : entretiens professionnels, évaluations, propositions d’évolution.

Concrètement, dès 16 ans et à temps plein, un salarié cumule 500 euros par an sur son CPF, dans la limite de 5 000 euros. Ils se disent ainsi destinés à financer des formations qualifiantes.

En revanche, la suppression de l’aide spécifique de 500 euros pour les apprentis souhaitant passer le permis interroge davantage. Maintenir un coup de pouce ciblé pour les 16-20 ans aurait sans doute été plus cohérent.