Samsung vise une troisième hausse de 20 % sur la RAM en 2026. Vos prochains smartphones et PC portables vont encore coûter plus cher.
Votre prochain smartphone ou ordinateur portable coûtera peut-être plus cher que prévu. Samsung pousse en ce moment à une nouvelle hausse du prix de la mémoire vive, et cette fois la facture s’ajoute à deux trimestres déjà très lourds pour les fabricants d’appareils.
Un marché mondial entre les mains de trois acteurs
Pour comprendre pourquoi les prix grimpent, il faut regarder qui contrôle l’offre. Samsung, SK Hynix et Micron concentrent à elles seules près de 90 % du marché mondial de la DRAM. Cette position dominante leur donne un poids considérable dans les négociations avec les fabricants d’appareils.
Fin juin, une action collective a d’ailleurs été déposée aux États-Unis contre ces trois entreprises. Elles sont accusées d’avoir volontairement restreint l’offre de DRAM classique pour faire monter les prix. Ces accusations n’ont pas encore été prouvées devant les tribunaux.
En réponse, les fabricants ont annoncé des investissements massifs pour augmenter leur production. Pourtant, ces nouvelles usines mettront des années à sortir de terre. La pression sur les prix ne disparaît donc pas à court terme.
Une demande portée par l’intelligence artificielle
Les puces restent rares, car la demande reste très forte. Les investissements dans les centres de données pour l’IA consomment des volumes de mémoire vive considérables. Ainsi, même sans restriction volontaire de l’offre, le déséquilibre entre production et demande pèse sur les prix.
Le cabinet TrendForce s’attend à une hausse des prix contractuels de 13 à 18 % sur le troisième trimestre. Ce chiffre reste en dessous de la cible de Samsung, mais il confirme que la tendance est bien réelle.
Ce que les chiffres racontent trimestre après trimestre
Pour mesurer l’ampleur du choc, voici les hausses du prix de vente moyen de la DRAM enregistrées par Samsung ces derniers mois :
- Hausse de plus de 90 % au premier trimestre
- Hausse de 50 à 60 % au deuxième trimestre
- Hausse visée de jusqu’à 20 % au troisième trimestre sur la DRAM classique
- Hausse potentiellement supérieure à 20 % sur la LPDDR (smartphones et tablettes)
- Prévision TrendForce : 13 à 18 % de hausse effective sur le trimestre
Ces hausses successives s’accumulent sur une base déjà très élevée. Un module LPDDR5X de 12 gigaoctets valait environ 120 dollars (environ 105 euros HT) à la fin du premier trimestre. Il coûte désormais près de 145 dollars (environ 127 euros HT), soit presque le triple de son prix début 2025.
Par conséquent, chaque nouveau pourcentage de hausse pèse davantage en valeur absolue. Les fabricants d’appareils absorbent une pression croissante sur leurs marges, et ils la répercuteront sur les étiquettes des produits finis.
La LPDDR dans la ligne de mire
D’après le média coréen ZDNet Korea, qui cite des sources industrielles, la LPDDR, la mémoire présente dans les smartphones et les tablettes, pourrait subir une hausse dépassant les 20 %. C’est donc la mémoire des appareils grand public qui subit la pression la plus forte.
Pour Samsung, ces hausses se traduisent par des bénéfices en forte hausse, selon les analystes. En revanche, les constructeurs de smartphones et d’ordinateurs portables se retrouvent dans une position délicate : absorber la hausse ou la faire payer aux acheteurs.
Ce que cela change concrètement pour vous
Si vous attendez le bon moment pour changer de smartphone ou de PC, la question mérite d’être posée. Les analystes ne voient pas l’offre rejoindre la demande avant 2027 au mieux. Patienter n’offre donc aucune garantie de trouver des prix plus bas dans les mois à venir.
Il faut aussi rappeler que rien n’est encore signé. Ces 20 % représentent l’objectif de négociation de Samsung, pas une augmentation déjà actée. Mais le contexte laisse peu de marge de manoeuvre aux acheteurs industriels. Car les puces manquent, et la demande ne faiblit pas.
De plus, les nouvelles capacités de production annoncées en réponse aux accusations juridiques n’apporteront pas de soulagement rapide. Les usines qui sortent de terre aujourd’hui alimenteront le marché dans plusieurs années, pas dans les prochains trimestres. Pour les consommateurs qui achètent un appareil en 2026, la hausse des composants sera donc très probablement intégrée dans le prix final.