Artemis II : un médecin de l'UCLA alerte sur les risques du rayonnement cosmique pour les quatre astronautes

Les astronautes d'Artemis 2 affrontent le rayonnement cosmique galactique hors de la magnétosphère. Un médecin de l'UCLA analyse les risques encourus.

Les astronautes d’Artemis 2 font face à un défi majeur depuis leur départ vers la Lune. Le rayonnement cosmique galactique menace leur santé, et un médecin spécialisé livre son analyse sur les risques encourus.

Le Dr Haygan Tablian alerte sur les dangers du rayonnement cosmique

Voilà huit jours que l’équipage d’Artemis II a quitté la Terre pour survoler notre satellite naturel. Cette mission marque le retour de l’humanité hors de la magnétosphère terrestre, une première depuis près de 50 ans. Pour le Dr Haygan Tablian, directeur de la médecine spatiale à l’UCLA, les quatre astronautes d’Artemis 2 affrontent un environnement biologiquement hostile.

Le rayonnement cosmique galactique (RCG) représente l’un des pires ennemis du corps humain dans l’espace. Ces particules ionisantes fortement énergétiques peuvent provoquer des dommages à l’ADN, une dégradation des fonctions cognitives et un épuisement du système immunitaire. La capsule Orion atténue ces effets, mais elle n’est pas complètement hermétique.

« Cette mission est un véritable pivot grâce aux projets de recherche qu’elle transporte, notamment sur l’impact des radiations sur l’organisme, qui est l’une de nos préoccupations majeures lorsque nous planifions un voyage vers Mars. »

La traversée des ceintures de Van Allen

Les quatre membres d’équipage ont dû traverser les ceintures de Van Allen lors de leur mission. Ces deux vastes zones en forme de beignets encerclent notre planète et piègent des particules de haute énergie issues du vent solaire. Toute mission lunaire doit franchir cet espace pour s’extraire de l’orbite basse.

Une fois ce mur de radiations passé, les astronautes d’Artemis 2 ne sont pas sortis d’affaire. Ils s’aventurent au-delà du bouclier magnétique terrestre, où la protection contre les particules solaires et galactiques est très faible. Plus on s’éloigne de la magnétosphère, plus l’exposition aux radiations augmente.

  • Le rayonnement cosmique galactique endommage l’ADN des cellules
  • Les fonctions cognitives peuvent se dégrader en cas d’exposition prolongée
  • Le système immunitaire subit une sursollicitation importante
  • La capsule Orion offre une protection partielle mais non totale
  • Les ceintures de Van Allen représentent un premier obstacle à franchir

Une mission cruciale pour la médecine spatiale

Chaque minute que passe l’équipage hors de la magnétosphère terrestre est riche en enseignements pour la science. Le Dr Tablian y voit l’occasion rêvée d’identifier des biomarqueurs spécifiques. Ces données permettront de comprendre comment le corps change au cours de cette courte mission de dix jours.

Apprendre ce que le corps endure en termes d’effets de radiation constitue un immense sujet d’investigation. C’est l’une des premières fois que nous pouvons observer avec une telle précision la réaction d’organismes humains au niveau cellulaire. Les astronautes d’Artemis 2 participent ainsi à une recherche inédite.

Cette mission servira à constituer une banque de données prédictive, indispensable aux futurs séjours de longue durée. Ces informations prépareront les voyages vers Mars, où l’exposition aux radiations sera bien plus importante.

Combler le fossé théorique depuis Apollo

Durant la période Apollo (1961-1972), nous n’étions pas en mesure de quantifier ce que le corps des pionniers avait encaissé. Les outils de séquençage génétique et d’analyse moléculaire n’existaient pas à l’époque. Pour Tablian, Artemis II représente le meilleur moyen de combler ce fossé théorique.

Ce voyage hors de la magnétosphère servira de référence pour valider les modèles prédictifs sur les effets biologiques. Jusqu’ici, ces modèles n’étaient basés que sur des simulations terrestres. Les astronautes d’Artemis 2 offrent donc une opportunité unique d’observation.

En attente du retour de la capsule Orion

Le retour de la capsule Orion est prévu le 11 avril. Les résultats des premiers check-up post-mission seront attendus avec grande impatience par la communauté scientifique. La NASA devrait publier ces données dans les semaines suivant l’amerrissage.

Artemis II est, en ce sens, l’une des missions les plus importantes que la médecine spatiale ait supervisées. Les astronautes d’Artemis 2 jouent un rôle de cobayes volontaires face au vide spatial. Leur sacrifice contribuera à protéger les futurs équipages des missions lunaires et martiennes.

Les données recueillies permettront de mieux comprendre les effets des radiations sur la santé humaine. Cette mission ouvre la voie à une nouvelle ère d’exploration spatiale, où la protection des équipages sera mieux maîtrisée grâce aux enseignements tirés de ce vol historique.