Tuxboard - Ces boîtiers Android à bas prix vendus sur Amazon et Temu ont servi à pirater deux millions d'appareils

Des boîtiers Android vendus sur Amazon ou Temu ont alimenté un réseau de deux millions d'appareils compromis démantelé par le FBI.

Votre boîtier Android branché au téléviseur diffuse des films et des séries. Pourtant, il fait peut-être bien plus que cela à votre insu. Le FBI a révélé, début juillet, que des millions d’appareils de ce type participaient à des attaques informatiques sans que leurs propriétaires le sachent.

Le FBI démantèle un réseau bâti sur des boîtiers compromis

Le FBI a annoncé la saisie de plusieurs noms de domaine associés à NetNut, une plateforme vendant des proxys résidentiels. L’opération a été menée avec le ministère américain de la Justice, l’administration fiscale et Google, entre autres.

NetNut aurait donné accès à un réseau comprenant environ deux millions de téléviseurs Android, de boîtiers multimédias et d’autres appareils connectés compromis. Ces machines servaient à tester automatiquement des mots de passe, à exploiter des identifiants volés ou à récupérer des données en masquant l’origine du trafic.

Le site de NetNut affiche désormais un avis du FBI. Google affirme que l’intervention a fortement dégradé les activités de la plateforme et réduit de plusieurs millions le nombre d’appareils disponibles.

Comment fonctionne un proxy résidentiel ?

Les proxys résidentiels servent d’intermédiaires entre un utilisateur et les sites qu’il consulte. Le trafic transite par l’adresse IP d’un particulier plutôt que par un serveur classique. Ainsi, pour les services en ligne, la connexion ressemble à celle d’un internaute parfaitement ordinaire.

« Un pirate situé à l’autre bout du monde peut ainsi donner l’impression d’agir depuis la maison d’en face. »

Ces réseaux ne sont pas illégaux en eux-mêmes. Ils peuvent servir à vérifier des publicités, à effectuer des tests de sécurité ou à consulter des contenus bloqués dans certaines régions. Tout dépend de la manière dont les appareils sont recrutés et de ce que les clients font ensuite avec leurs accès.

Alarum Technologies au cœur de l’affaire

Les enquêteurs ont établi que le trafic de ces machines était proposé à des clients de NetNut. La société israélienne Alarum Technologies, propriétaire de la plateforme, exploitait donc un service à l’apparence officielle, mais alimenté en partie par des appareils compromis.

  • Des noms de domaine liés à NetNut ont été saisis par le FBI début juillet.
  • Le réseau concernait environ deux millions d’appareils connectés compromis.
  • Le trafic de ces machines masquait l’origine réelle des connexions malveillantes.
  • Alarum Technologies, société israélienne, était propriétaire de la plateforme NetNut.
  • Google a confirmé une réduction de plusieurs millions d’appareils disponibles sur le réseau.

Par conséquent, des particuliers voyaient leur connexion internet utilisée pour des activités qu’ils n’avaient jamais autorisées. La plupart ne se doutaient de rien, car aucun signe visible ne trahissait la compromission de leur appareil.

De plus, ce type d’attaque est particulièrement difficile à détecter pour les services en ligne ciblés. Le trafic malveillant ressemble, en tout point, à celui d’un utilisateur ordinaire naviguant depuis son domicile.

Des boîtiers Android bon marché dans le viseur

La plupart des appareils infectés étaient des boîtiers Android de marques inconnues vendus à bas prix sur Amazon, Temu ou AliExpress. Beaucoup fonctionnaient avec de vieilles versions du système, dépourvues de correctifs récents.

Ces appareils présentent donc un risque réel, non seulement pour leurs propriétaires, mais aussi pour les tiers dont les comptes ou les données pourraient être ciblés via cette infrastructure.

Ce que recommande Google pour se protéger

Google recommande de privilégier des fabricants reconnus, des versions récentes d’Android et des appareils recevant encore des mises à jour de sécurité. Ce conseil vaut aussi pour les caméras, les prises intelligentes et les autres objets connectés présents dans les foyers.

En revanche, un boîtier multimédia acheté quelques euros sur une marketplace étrangère offre rarement ces garanties. Le prix attractif masque souvent l’absence totale de suivi logiciel après l’achat.

Par conséquent, choisir un appareil sous Android maintenu à jour reste la précaution la plus simple et la plus efficace. Un appareil non mis à jour devient rapidement une cible facile pour ce type de réseau malveillant.

Désormais, l’affaire NetNut illustre clairement les risques que font peser les appareils connectés bon marché sur l’ensemble des utilisateurs, qu’ils en soient les propriétaires ou non.