Le montant a de quoi donner le tournis. D’après le dernier rapport de la CRE, publié ce mardi, la modernisation du réseau électrique français grâce aux smart grids a permis d’éviter pas moins de 1,7 milliard d’euros de dépenses entre 2017 et 2024.
Une somme colossale qui ne relève pas d’un coup de chance, mais d’une transformation profonde de la gestion de l’électricité. Ces économies correspondent avant tout à des coûts qui n’ont tout simplement plus lieu d’être.
Pendant longtemps, la moindre opération sur le réseau impliquait l’intervention physique d’un agent, un déplacement en véhicule et plusieurs heures de travail. Désormais, avec les compteurs communicants comme Linky, des millions d’actions sont réalisées à distance.
L’apport des réseaux intelligents ne se limite toutefois pas à ces gains opérationnels. Leur véritable prouesse réside dans leur capacité à absorber l’essor massif des énergies renouvelables sans avoir à reconstruire l’infrastructure existante.
En pilotant les flux d’électricité de manière beaucoup plus fine, le gestionnaire du réseau a évité des travaux lourds et extrêmement coûteux. Selon la CRE, cela a permis d’intégrer jusqu’à 18 gigawatts de puissance supplémentaire.
Et ce, sans poser de nouveaux câbles, soit près de 1,8 milliard d’euros d’investissements évités. Autant de dépenses qui ne se retrouvent pas dans le TURPE, le tarif d’acheminement représentant environ un tiers de la facture d’électricité des Français.
Compteur Linky : les nombreuses bénéfices que vous pourriez en tirer
Les bénéfices sont particulièrement visibles du côté du solaire. Pendant des années, raccorder une installation photovoltaïque relevait du parcours du combattant, avec des délais pouvant dépasser plusieurs années.
Grâce à des raccordements anticipés et dits « intelligents », certains projets de moyenne tension sont désormais connectés en moins d’un an, contre cinq ans en moyenne auparavant. Un accélérateur indispensable pour la transition énergétique.
Le principe est aussi simple qu’ingénieux. Plutôt que d’attendre que le réseau se dise faits pour encaisser les pics de production, les installations se voient mises immédiatement. Et ce, quitte à limiter légèrement leur puissance lors de ces moments précis.
Mais, à mesure que le parc automobile s’électrifie, le réseau peine à proposer des solutions réellement flexibles pour déployer rapidement des bornes. Que ce soit chez les Français, en copropriété ou dans l’industrie.
Le risque est clair : voir le réseau devenir un frein à la mobilité électrique. Le rapport met également en lumière une évolution majeure du rôle du consommateur.
Grâce à l’ouverture accrue des données, chacun peut désormais accéder à ses courbes de charge et mieux comprendre sa consommation. Ces informations sont devenues un levier stratégique.
Elles permettent aux fournisseurs de concevoir des offres plus fines, incitant à consommer lorsque l’électricité est abondante et moins chère. Elles servent aussi à anticiper les pannes grâce à l’IA, avant même qu’elles ne surviennent.