Tuxboard - Grève des manettes du 23 au 30 août : les joueurs PS5 boycottent Sony

Des joueurs de jeux PS5 boycottent Sony du 23 au 30 août 2026. En France, une pétition interpelle la ministre chargée du Numérique sur la fin du physique.

Des joueurs de jeux PS5 ont décidé de poser la manette, au sens propre. Du dimanche 23 août à 19 heures au dimanche 30 août à la même heure, un appel au boycott total de l’écosystème PlayStation circule sur les réseaux. Derrière cette mobilisation, une colère qui couve depuis l’annonce de Sony sur la fin des disques physiques, et désormais une bataille qui se joue aussi en France.

Le PSBlackout : sept jours sans console, sans boutique, sans réseau

Le collectif de préservation Does It Play, connu pour recenser les jeux jouables sans connexion, a lancé le 26 juillet 2026 un appel au « blackout » sous le hashtag PSBlackout. Les consignes sont claires et tiennent en trois interdits stricts. Aucune connexion au PlayStation Network, aucune session de jeu, aucun achat sur les boutiques de Sony, ni titre, ni extension, ni abonnement.

Ainsi, l’opération cible directement les données d’activité que Sony transmet à ses actionnaires. La plateforme revendiquait 125 millions d’utilisateurs actifs mensuels fin mars. Par conséquent, une baisse visible sur une semaine pourrait suffire à inquiéter les marchés, c’est précisément le pari des organisateurs.

Le calendrier a été choisi avec soin pour épargner les développeurs. Aucune grosse sortie de jeux PS5 n’est prévue sur la période : le très attendu Wolverine arrive mi-septembre, bien après la fin des hostilités. En revanche, le boycott ne coûte presque rien à ceux qui le suivent, ce qui facilite la mobilisation.

Des griefs qui dépassent largement la question du disque

La liste des reproches adressés à Sony déborde du seul sujet du support physique. Les organisateurs citent aussi la fermeture du studio Bluepoint, la stratégie du jeu service, des événements annulés et le PS VR2 laissé à l’abandon. De plus, des licences restent en jachère depuis des années, de Twisted Metal à SOCOM en passant par Sly Cooper.

La colère a démarré le 1er juillet, quand Sony a confirmé la fin de la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Les titres sortiront ensuite en version numérique ou dans des boîtes ne contenant qu’un code de téléchargement. L’emballage survit, pas le disque.

« Sony wants to abandon fans? Let’s give them a small taste of their own medicine! Together with other creators we call for a 1 week PSBlackout in August. No logins, no play sessions, no purchases on any of Sony’s platforms. », Does it play?, 26 juillet 2026

En France, une pétition interpelle la ministre du Numérique

L’Hexagone mène sa propre bataille, et elle ne vise pas Sony mais les pouvoirs publics. Lancée le 1er juillet par un particulier, une pétition intitulée « Non à la suppression du support physique dans le jeu vidéo » interpelle directement Clara Chappaz, la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique. Le texte réclame une concertation entre éditeurs, distributeurs et associations de consommateurs.

La pétition demande aussi le maintien d’une véritable offre physique, des droits renforcés sur les achats numériques et une étude d’impact sur le marché de l’occasion. Ce marché fait vivre des enseignes comme Micromania, Easy Cash ou GameCash. Le compteur reste modeste avec un peu plus de 4 000 signatures vérifiées, mais le terrain choisi, celui du droit de la consommation et de l’emploi, pèse plus lourd qu’un simple coup de gueule.

  • Fin de la production de disques physiques pour les jeux PS5 à partir de janvier 2028
  • Plus de 345 000 signatures sur la pétition internationale contre cette décision
  • Boycott PSBlackout du 23 au 30 août 2026, sans connexion ni achat sur les plateformes Sony
  • Pétition française adressée à Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique
  • 551 films et séries retirés des bibliothèques PlayStation pour licences expirées, achats compris

Au niveau européen, l’initiative citoyenne Stop Killing Games et son million de signatures validées ont déjà montré l’an dernier que la préservation du jeu vidéo pouvait forcer la porte de Bruxelles. Ainsi, le terrain institutionnel s’avère parfois plus efficace que le boycott.

Une pétition internationale à plus de 345 000 signatures

Depuis le 1er juillet, la mobilisation autour des jeux PS5 physiques n’a pas faibli. Une pétition internationale a dépassé les 345 000 signatures, et des abonnés ont résilié leur PS Plus en le faisant savoir publiquement. De plus, le PSBlackout représente un cap supplémentaire dans cette contestation.

Sony n’aura peut-être qu’à laisser passer l’orage une semaine avant de retrouver ses courbes habituelles. Pourtant, si la baisse d’activité devient assez visible pour inquiéter les actionnaires, le rapport de force pourrait changer. C’est tout le pari des organisateurs du blackout.

Le physique, un droit que les joueurs ne veulent pas perdre

Les inquiétudes des amateurs de jeux PS5 ne sortent pas de nulle part. Un jeu en boîte se prête, se revend, se collectionne et se conserve. En revanche, un achat numérique reste une licence d’accès révocable à tout moment. Les joueurs en ont eu une piqûre de rappel récente : 551 films et séries ont été retirés des bibliothèques PlayStation pour une histoire de licence expirée, achats compris.

Le marché français résiste mieux qu’ailleurs au tout-dématérialisé. Les ventes physiques sur console ont reculé de 12 % l’an dernier dans un secteur qui pèse près de 5,9 milliards d’euros. Ainsi, la demande pour le support physique reste réelle, même si elle s’érode progressivement.

Que la manette reste posée une semaine ou pas, la vraie échéance se profile en janvier 2028. À cette date, les nouveaux jeux PS5 n’existeront plus qu’en version numérique ou en boîte vide avec un code. Sony parie que les joueurs ont déjà fait leur choix. Les organisateurs du PSBlackout, eux, veulent prouver le contraire.