Harcèlement sexuel au bureau : comment réagir et qui prévenir ?

Selon les statistiques, une femme sur cinq a déjà subi un harcèlement sexuel sur son lieu de travail.

Que ce soit par des gestes déplacés, des commentaires et remarques sexistes voire des agressions, le bureau peut être un lieu où les femmes font face à des situations qui les mettent mal à l’aise ou même qui les font se sentir en totale insécurité.

Évidemment, bien que le harcèlement au travail touche principalement les femmes, des hommes peuvent également en être victimes. Et la plupart du temps, les concernés ne savent comment réagir. Si vous faites face à ce genre de cas, nous vous proposons de découvrir les réactions à adopter et les personnes et instances à prévenir.

Harcèlement sexuel au bureau : comment le reconnaître ?

Le bureau est un lieu de rencontre et d’échange en tout genre, c’est pourquoi des personnes ne se rendent pas souvent compte qu’elles sont victimes de harcèlement. En effet, comment différencier un flirt innocent ou un compliment d’un harcèlement ?

Le harcèlement sexuel est défini comme étant « le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou des comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant et humiliant, ou crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ». Sur le lieu de travail, le harcèlement peut revêtir différentes formes.

Le harcèlement sexuel verbal

Il désigne des propos tenus revêtant un caractère personnel et sexuel. Il peut s’agir de blagues, de remarques, des propositions ou encore de questions trop intimes.

Le harcèlement sexuel non verbal

Il concerne surtout les actions déplacées comme envoyer un e-mail avec des images pornographiques, la création d’un environnement de travail hostile en affichant des photos dénudées sur les murs par exemple, les comportements inadéquats tels que des regards trop appuyés et des gestes suggestifs, etc.

Le harcèlement sexuel physique

Il renvoie à des contacts physiques non consentis (étreintes, frôlements délibérés, pincements, etc.), à des agressions, voire des tentatives de viol ou des viols.

Harcèlement sexuel au travail : comment réagir ?

Fréquemment, en cas de harcèlement sexuel au bureau, la victime doute de la nature de la situation en raison des ambiguïtés qui pourraient exister.

Ou bien elle est consciente du harcèlement et s’en trouve sidérée, d’où une absence de réaction, si bien que l’entourage ignore tous des faits ou les soupçonne, mais ne sait que faire.

Quelles sont donc les réactions adéquates en cas de harcèlement au bureau ?

La victime

Une absence de réaction de la part de la victime encouragera en quelque sorte le harceleur. Donc subir en espérant qu’il cesse de lui-même n’est pas la solution idéale. Il faudra donc :

  • Prendre ses malaises au sérieux : quand une situation vous met mal à l’aise, c’est que vous devez la considérer sérieusement : est-ce un incident isolé ? Est-ce fréquent ? etc.
  • Se défendre : face à des blagues, des attouchements et autres, ne restez pas stoïque, défendez-vous, dîtes que vous n’êtes pas d’accord.
  • Poser des limites et exiger l’arrêt immédiat des comportements importuns : pour cela, vous devrez aller vers le harceleur et lui dire clairement que ce qu’il ou elle fait vous met mal à l’aise, et de demander qu’il ou elle cesse.
  • Prendre des notes : afin de garder des traces de ces agissements qui serviront de preuve en cas de besoin. N’effacez donc pas ou garder des copies des e-mails, des SMS et autres preuves compromettantes.
  • Parler : ne vous renfermez pas dans votre coin, exposez la situation à une personne de confiance qui saura vous écouter et vous conseiller, discutez-en avec votre supérieur qui saura résoudre efficacement le problème.          

L’entourage

Vous avez remarqué que votre collègue subit un harcèlement au bureau ? Sachez que vous pouvez lui venir en aide et que fermer les yeux vous rendra complice de ces méfaits d’une certaine manière. Vous pouvez :

  • Soutenir : prêtez une oreille attentive à ce que rapporte votre collègue et ne minimisez pas son cas.
  • Intervenir : vous pouvez aller voir le harceleur pour lui indiquer que ses agissements sont inappropriés.
  • Conseiller : indiquez à votre collègue ce qu’il faut faire, les démarches à suivre pour signaler le harcèlement.
  • Témoigner : si besoin est, tenez-vous disponible pour tout témoignage.
  • Se tenir en retrait : ne prenez pas l’initiative de dénoncer les faits si la victime n’y consent pas. Faites-lui savoir qu’elle peut compter sur vous, usez de persuasion pour la pousser à réagir, sans toutefois outrepasser ses volontés.

Les employeurs

Il est dans les devoirs des employeurs de garantir un climat sécurisant sur le lieu de travail. Il est donc primordial qu’ils mettent en place des mesures préventives pour lutter contre le harcèlement au travail : sensibilisation, formation, information concernant la législation, etc. Ils sont pleinement responsables si des faits de harcèlements sexuels ont lieu au sein de leur entreprise, aussi doivent-ils réagir quand de tels cas sont portés à leur connaissance en :

  • Menant une enquête objective et dans les plus brefs délais pour s’assurer de la véracité des faits.
  • Faisant cesser le harcèlement en sanctionnant le harceleur s’il est établi que les faits sont avérés.

Harcèlement sexuel au bureau : qui prévenir ?

Face à un harcèlement sexuel, trouver le bon interlocuteur peut s’avérer difficile. En effet, l’on peut se dire qu’il suffit d’aller voir son supérieur ou son employeur, mais qu’en est-il si le harceleur est justement cette personne-là ou qu’elle n’est pas disposée à prendre en compte vos doléances ? Vous pouvez alors vous tourner vers :

  • Le Comité Social et Économique ou CSE qui aura désigné un référent harcèlement
  • Le référent harcèlement en entreprise dont la mission est d’informer, d’orienter et d’accompagner les salariés dans la lutte contre le harcèlement sexuel.
  • Le médecin du travail
  • L’inspecteur du travail
  • Une association de lutte contre le harcèlement au bureau.

Quel numéros contacter ?

En cas d’urgence, lorsqu’une intervention rapide est nécessaire, vous devez appeler la police-secours :

Police secours – 17

Par téléphone : Composez le 17 en cas d’urgence concernant un accident de la route, un trouble à l’ordre public ou une infraction pénale. Une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux.Vous pouvez aussi composer le 112.Si la situation ne relève pas d’une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.Par SMSVous pouvez aussi envoyer un SMS gratuitement au 114. Si vous ne pouvez pas parler (danger, handicap), vous communiquerez alors par écrit avec votre correspondant.

Numéro d’urgence européen – 112

112 : Numéro d’urgence à utiliser pour un appel depuis un pays européen ou depuis un téléphone mobile 24h/24h et 7j/7 (Appel gratuit)

Plus d’infos sur arretonslesviolences.gouv.fr

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