Est-il toujours opportun de disposer d'un contrat heures creuses en journée ? Selon les spécialistes, cette offre n'est pas la plus rentable.
L’annonce n’est pas passée inaperçue. Dès ce samedi 1er novembre, les heures creuses feront leur apparition en journée, un changement majeur qui pourrait bien modifier les habitudes de consommation électrique de millions de Français…
Heures creuses : une institution au sein des foyers français
Aujourd’hui, environ 40 % des foyers disposent d’un contrat heures pleines / heures creuses. Contrairement au tarif de base, ce système offre un tarif plus avantageux pendant huit heures par jour — mais un tarif plus élevé durant les seize autres heures.
Jusqu’à présent, ces heures creuses étaient situées la nuit. Et ce, afin d’inciter les ménages à consommer quand la demande sur le réseau était plus faible.
Mais la montée en puissance des énergies renouvelables, et notamment du solaire, a rebattu les cartes. Puisque la production d’électricité photovoltaïque culmine en journée, il devient plus logique de placer certaines heures creuses à ce moment-là.
Et ce, pour utiliser directement cette énergie difficile à stocker. C’est pourquoi, dès ce week-end, 1,7 million de foyers verront leurs heures creuses partiellement basculer en journée, un changement qui concernera plus de 9 millions de ménages d’ici 2027.
Les télétravailleurs, par exemple, pourront ainsi profiter d’une électricité moins chère en plein après-midi. De quoi susciter l’intérêt des 60 % de foyers encore au tarif de base.
Mais la question demeure : est-ce vraiment rentable ? Les heures creuses durent toujours huit heures par jour, mais leur répartition évolue. Si cinq heures resteront la nuit, deux à trois heures pourront désormais se glisser en journée, entre 11h et 17h.
Des horaires qui varieront selon la saison
Attention, car il ne s’agit pas d’une plage continue, il pourra s’agir, par exemple, de 11h-13h ou 14h-17h. Ces horaires varieront selon les saisons, puisque le dispositif est lié à la production solaire.
Ainsi, les heures creuses diurnes seront plus probables au printemps et en été, quand le soleil est généreux, et presque inexistantes en hiver. Autre subtilité : elles diffèrent selon les zones géographiques, pour équilibrer la charge du réseau.
Résultat, chaque foyer a ses propres horaires, déterminés par Enedis et communiqués par le fournisseur d’électricité. Impossible donc de les choisir soi-même.
Il vaut donc mieux bien les connaître et les suivre à la lettre pour espérer faire de vraies économies. Une fois vos plages horaires identifiées, encore faut-il adapter votre consommation.
Selon Mathieu Rochard, expert en énergie et fondateur de l’application Symphonics, il faut parvenir à concentrer au moins 40 % de sa consommation pendant les heures creuses. Et ce, pour que le contrat soit réellement avantageux.
En pratique, ce n’est pas si simple. Beaucoup de foyers mal optimisés paient plus cher qu’au tarif de base, malgré leur contrat heures creuses, et le tarif réglementé EDF est aujourd’hui de 19,52 centimes d’euro par kWh.
Heures creuses : une option payante ?
En option heures creuses, on paie 16,35 centimes en heures creuses, mais 20,81 centimes en heures pleines, sans compter un abonnement légèrement plus élevé. Faire tourner son lave-linge la nuit ne suffira donc pas à compenser.
Un appareil de ce type ne représente qu’environ 5 % de la consommation totale. Trois lessives hebdomadaires programmées en heures creuses rapportent… 2,50 euros d’économies par an.
Et si la moitié des cycles ont lieu en heures pleines, le gain tombe à moins d’un euro. Le tarif heures creuses devient intéressant pour ceux qui possèdent des appareils énergivores et programmables, comme un ballon d’eau chaude électrique, une voiture électrique.
Mais aussi une piscine ou un chauffage électrique modulable. Le ballon d’eau chaude, à lui seul, peut représenter 15 % de la consommation d’un foyer : en le faisant chauffer uniquement la nuit, l’économie peut atteindre 70 euros par an.
En revanche, les ménages chauffés principalement au gaz n’ont aucun intérêt à opter pour cette formule. Avant de changer de contrat, il est essentiel de bien connaître sa consommation réelle.
Les fournisseurs d’énergie peuvent vous aider à l’analyser, mais il existe aussi des outils indépendants comme Hellowatt, Enedis ou Symphonics. Ces derniers permettent de suivre sa consommation heure par heure.
Certaines applications, comme EDF&Moi ou Symphonics, vont encore plus loin. Elles peuvent programmer automatiquement le fonctionnement de vos appareils connectés pendant les heures creuses. Une façon intelligente de profiter de ce nouveau système.