Indonésie : des « fantômes » parcourent les rues pour inciter les gens à respecter le confinement

Un village de l’île de Java, en Indonésie, a recruté des « fantômes » pour effrayer les gens et les exhorter à rester chez eux.

Les dirigeants indonésiens – dont le président Joko Widodo – ont été lents à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Il a fallu attendre le 9 avril pour que le gouverneur de Jakarta décide de la fermeture des bureaux pendant deux semaines et l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes.

Il n’a toutefois pas directement ordonné aux gens de rester chez eux, comme l’a rapporté Voice of America.

Au lieu de cela, des campagnes d’information ont été mises en place pour encourager les personnes à pratiquer la distanciation sociale et une bonne hygiène.

Mais avec le taux de décès par Covid-19 le plus élevé d’Asie après la Chine, certaines communautés ont décidé de prendre les choses en main (en se lavant les mains).

Et puisque les Indonésiens sont très superstitieux – le folklore de l’archipel contient des centaines d’histoires d’esprits et de goules -, quel meilleur moyen de garder les gens chez eux que… des fantômes !

Le village de Kepuh, situé sur l’île de Java, a décidé d’engager des fantômes pour patrouiller dans les rues. Ceci afin de pousser les habitants à se cacher sous leurs couvertures plutôt que de mettre le nez dehors.

Anjar Pancaningtyas, chef du groupe des jeunes du village qui a coordonné avec la police cette initiative peu conventionnelle, a déclaré à Reuters :

« Nous voulions être différents et créer un effet dissuasif parce que les « pocong » sont sinistres et effrayants. »

Avec leur linceul et leur visage peint en blanc et en noir, nul n’a certainement envie de croiser un pocong la nuit.

Selon la croyance populaire, ils représentent les âmes des morts venues avertir les vivants qu’elles doivent être libérées de leur linceul.

La stratégie surnaturelle mise en place par le village de Kepuh a rencontré un franc succès. Karno Supadmo, un résident, a confié :

« Depuis l’apparition des pocong, les parents et les enfants n’ont pas quitté leur maison… Et les gens ne se rassemblent pas ou ne restent pas dans les rues après les prières du soir. »

Mais si les personnes sont superstitieuses en Indonésie, cela ne les empêche pas d’être curieuses. Certaines d’entre elles n’ont pas hésité à… sortir pour essayer d’apercevoir les fantômes.

Un villageois a même souligné que les revenants devaient veiller à ne pas propager le virus eux-mêmes, car, comme nous le savons tous, le virus ne fait pas de discrimination.

Comme la tactique s’est quelque peu retournée contre eux, les organisateurs ont trouvé une autre solution en lançant des patrouilles surprise de pocong.

En effet, se faire surprendre par un fantôme à l’affût dans la pénombre, même s’il s’agit d’un faux, n’est jamais agréable.

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