BlogMade in TuxLes chiffres démentiels du X sur le web

Les chiffres démentiels du X sur le web

Bien avant les blogs, les et les sites d’information, le porno est présent sur Internet depuis le début de son histoire. Les anglophones disent d’ailleurs que « Internet is for porn », sous-entendant que sans lui le Net n’aurait plus vraiment d’intérêt.

Selon Donna Rice Hughes, présidente de l’association Enough Is Enough, « la pornographie en ligne est le tout premier produit e-commerce à avoir réussi ». On serait tenté de confirmer cette remarque sachant que sex.com a été déposé en 1994, soit avant tous les cybermarchands et avant même le lancement de sites historiques majeurs comme Yahoo, Amazon, Google, Facebook, Twitter, YouTube, etc…

Aujourd’hui, de nombreux services en ligne occupent une grande partie du temps des internautes, que ce soit les vidéos sur YouTube et Dailymotion, les , les sites d’actualités, les forums, les blogs, les banques en ligne, les jeux vidéo, etc. Mais la pornographie reste toujours une base importante du réseau des réseaux, comme elle l’a été dans le passé pour les supports vidéos (VHS, DVD, etc.). Pour preuve, l’an passé, des anciens employés de Google ont même eu l’idée de lancer BoodiGo, un moteur dédié uniquement à la recherche de contenus pour adultes.

Infographie sur les chiffres vertigineux du X sur la toile :

Mais si ce que l’on appelle le p0rn reste une part importante du Web dans le monde, il est toutefois confiné, mis à l’écart des autres services, ceci malgré sa légalité dans de nombreux pays. Les réseaux sociaux connus, qui génèrent une audience colossale, interdisent d’ailleurs formellement tous les contenus adultes, que ce soit de la pornographie ou même de la nudité. Alors que des photos ou des vidéos d’une extrême violence sont tolérées, les exemples de censure pour une simple poitrine dévoilée sont légions. Même des photos d’allaitement ont par exemple été supprimées par Facebook. Il faut dire que les conditions générales d’utilisation des réseaux sociaux sont explicites sur le sujet.

porn clavier

Dans sa « Déclaration des droits et responsabilités », Facebook explique ainsi qu’il n’est pas possible de publier des « contenus incitant à la haine ou à la violence, menaçants, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite ». Google+, dans ses « Règlements relatifs au contenu et au comportement de l’utilisateur », nous explique pour sa part qu’il est « strictement interdit de publier des contenus présentant des scènes de nudité, des contenus à caractère pornographique ou sexuellement explicites ». Quant à Twitter, ses règles sont claires : « vous ne pouvez pas utiliser d’images obscènes ou pornographiques, que ce soit en tant que photo de profil, en tant que photo d’en-tête ou en tant qu’image de fond. »

figurines clavier

Mais tous les réseaux sociaux ne sont pas phobiques à la pornographie. Social Porn autorise ainsi à ses membres de publier et partager n’importe quel contenu, qu’il soit pour adulte ou non, avec du sexe ou non. Pour faire simple, tout y est permis, les seules limites étant les lois. Réservé aux internautes majeurs, Social Porn est un réseau francophone fondé en Suisse. Afin d’en savoir plus sur ce réseau social pour adultes, nous avons d’ailleurs interrogé son fondateur.

capture ecran social porn

Quand Social Porn a-t-il été créé et comment vos premiers membres ont adopté le projet ?

Le site tourne en phase de bêta depuis un an et demi. Le but était surtout de mettre en place un outil social en ligne dans le domaine du charme et de voir un peu comment réagissent le public et l’audience. Et en fait c’est justement la réaction du public, avec peu d’audience, qui nous a encouragé et nous a fait dire qu’il fallait absolument développer ce projet. On a des indicateurs qui sont extrêmement encourageants, notamment du point de vue de l’adhésion du public, du temps de visite, du nombre de pages vues. Des indicateurs que nous dans l’industrie adulte, nous ne sommes pas habitués à voir.

Quelles sont justement vos ?

Pour le moment, on est à 12 000 visiteurs par jour, sachant que l’on a limité le site uniquement aux pays francophones (en Europe et en Amérique du Nord). 20 % des membres de Social Porn sont des femmes, et les populations d’âge les plus importantes sont les 25-34 ans et les 45-54 ans. En moyenne, un visiteur génère 12 pages vues par jour et reste sur le site 12 minutes par session.

Le site est-il disponible dans le monde entier ?

En l’état actuel, il s’adresse au marché français, francophone dans sa globalité.

Il n’y a pas de version anglophone, germanophone, etc. ?

La version anglophone doit sortir dans l’année, justement quand le service côté français sera totalement abouti. C’est-à-dire que toutes les fonctionnalités prévues sur le service seront disponibles et performantes, à ce moment là le site sera lancé sur le marché U.S. sur lequel on a d’ailleurs déjà quelques égéries, des porn-stars, qui seront nos têtes de gondoles.

La version anglophone doit absolument voir le jour, pas que pour une question de taille de marché, mais aussi pour une question de mentalité. Social Porn, qui a un positionnement un peu différent de ce que l’on peut voir dans la galaxie des sites pornographiques, aura plus facilement un écho retentissant sur le marché U.S. qu’en France, car le public français est moins curieux et moins réceptif à la nouveauté.

Mais en quoi Social Porn est-il social ?

Beaucoup de sites utilisent le terme « social » par effet de mode, alors qu’ils n’ont rien de social. Sur Social Porn, c’est uniquement social en fait. Exactement comme sur Facebook, vous vous inscrivez, vous avez un système de wall sur lequel vous pouvez publier votre humeur du jour, vous pouvez publier des photos, des vidéos, vous pouvez créer des évènements, créer des fils de discussions, rédiger des articles, créer des sondages, etc. Il y a de nombreuses fonctions qui vous permettent de créer un flux de publication de contenus que peuvent suivre tous les membres de la communauté, ou uniquement vos amis, ou, il y a un troisième niveau, les amis de vos amis.

Doit-on obligatoirement donner son véritable nom comme sur d’autres réseaux sociaux ?

Non, on est sur la base de l’anonymat et des pseudonymes. Après, en privé, il y a des gens qui échangent des informations. Mais on imagine mal sur un site sur adulte afficher son nom, son prénom, son adresse, ses enfants… ce n’est pas vraiment l’endroit pour faire ça.

Ne craignez-vous pas les abus (prostituées utilisant le réseau, etc.) ?

On pourrait poser la même question à Facebook et Twitter. On modère et surveille le réseau. Il y a une modération et tous les contenus peuvent être signalés. Les utilisateurs agissent d’ailleurs très rapidement et sont très réactifs pour signaler des contenus discutables. Après, est-ce qu’il y a une prostituée qui fait du racolage sur Social Porn ? Je n’ai pas eu de signalement en ce sens. Après, la législation diffère selon les pays et le site respecte la législation suisse. Et le droit suisse ne condamne pas la prostitution.

Et si un membre publie des liens externes pour se faire de l’argent ?

Par définition, nous sommes sur un réseau social, donc les internautes sont libres de publier tout ce qu’ils veulent sur leur page, y compris des liens sortants. Par contre, on fait la chasse aux faux profils (comme l’a déjà fait Facebook) créés pour induire les utilisateurs en erreur et l’envoyer vers des liens d’affiliation, des sites de rencontre, etc. Par contre on propose à tous les utilisateurs d’uploader des bannières afin de promouvoir une page personnelle, officielle, etc.

Concernant les photos et vidéos, peut-on les héberger sur Social Porn sans limite ?

Pour le moment, on n’a pas de limite. On a des utilisateurs qui uploadent massivement leurs contenus, cela fait parti du jeu, à nous de trouver les solutions techniques pour héberger tout ceci de façon qualitative. Après, si demain, effectivement, on atteint des quantités de données qui deviennent vraiment ingérables, on se posera les questions en ce moment là. Pour le moment, il n’y a pas de problème, il y a de la place, on en a sous le pied.

Mais comment gagnez-vous de l’argent ?

Social Porn est un service gratuit. Et on a essayé de voir comment on pouvait imaginer un réseau social sans publicité, mais qui gagne de l’argent.

Il n’y a vraiment aucune publicité ?

Si la logique du modèle économique que j’essaie de déployer fonctionne, je pense qu’on n’aura pas besoin de la publicité. Elle serait plus de nature à prendre de l’espace sur le service, qui nous serait bien plus utile pour valoriser les services additionnels du réseau social. Je préfère réserver un espace pour afficher des filles sur webcam avec lesquelles ont peut dialoguer, plutôt que d’afficher une publicité vers un annonceur qui propose un service de live avec des hôtesses.

Et donc du côté des services payants ?

En fait, sur le réseau social, chaque utilisateur a un portemonnaie virtuel. On a une devise virtuelle, le pCoin. Un pCoin est égal à un dollars (US). L’utilisateur a un solde permanent en pCoin. Il peut créditer son compte en pCoin et retirer l’argent dans la devise et la destination de son choix. À partir de là, on a développé des fonctionnalités sur le réseau social qui permettent aux utilisateurs d’enrichir leurs pages. La première est de permettre aux utilisateurs de faire des « showcams ». Un chat webcam s’affiche et permet aux membres de configurer les tarifications de leurs shows. Il y a tout un panel qui permet à l’hôtesse de customiser son live et de faire de l’animation quand elle le souhaite, au prix où elle le souhaite.

Un peu comme LiveJasmin

Exactement, c’est tout simplement le service de live comme on peut connaître sur d’autres sites, sauf que chez nous, il est intégré et dissout au sein d’un réseau social. Et paradoxalement, à audience équivalence, cela fonctionne beaucoup mieux sur les réseaux sociaux, parce que le côté social du service fait que les internautes se sentent beaucoup plus proches de l’hôtesse qui fait du live. Pourquoi ? Parce que cette hôtesse, quand elle n’est pas connectée sur sa caméra, elle va publier des photos, son humeur du jour, répondre aux fans en privé, etc. Il y a une vraie interaction avec les internautes. Une vraie proximité que les internautes ne trouvent pas sur les autres sites, où ça ressemble plus à de la boucherie-charcuterie, où on fait un étal de femmes, vous choisissez celle que vous voulez pour dix minutes, un quart d’heure ou trente minutes, et puis une fois que c’est fini, c’est fini. Il n’y a plus de lien avec cette hôtesse. Il n’y a pas de messagerie, pas de page, il n’y a pas de levier pour rester en contact avec elle. Sur Social Porn, les utilisateurs peuvent rester en lien avec une hôtesse qu’ils adorent, même après et avant le live. On a par exemple une hôtesse, qui s’appelle Clochette, qui est extrêmement populaire.

Et avez-vous d’autres services payants ?

Oui, nous avons un service de vidéo à la demande (VoD). N’importe quel utilisateur peut uploader des vidéos sur le réseau social, et il peut activer un widget qui permet de rendre tout ou partie d’une vidéo payante. Par exemple, vous êtes un couple amateur et tournez une vidéo de 20 ou 30 minutes. Vous voulez offrir un peu de gratuité mais faire payer les utilisateurs pour voir ça : vous uploadez la vidéo et vous dites par exemple que les deux premières minutes sont gratuites, et à partir de la deuxième minute, il faut payer X pCoin. Un professionnel peut en faire de même avec une bande-annonce visible gratuitement et pour voir la suite, l’utilisateur doit payer.

Un partage de revenus existe donc entre les membres et Social Porn

On a un modèle de partage de revenus par défaut, et selon la popularité de certaines stars, on fait des reversements sur mesure plus élevés que la moyenne des gens.

Vous comptez aussi créer des groupes payants

Aujourd’hui, nous proposons des groupes gratuits, mais nous avons aussi pour idée de créer des groupes avec un accès payant, soit avec un ticket d’entrée unique, ou une contribution mensuelle. Une star de porno pourra ainsi parfaitement créer un fanclub, via un groupe payant, où tous les membres auront accès en exclusivité à toutes ses vidéos, toutes ses photos, etc. le tout pour un abonnement mensuel en pCoin.

D’autres services seront à venir ?

On proposera aussi un widget d’e-commerce qui permettra aux utilisateurs de créer une petite boutique pour vendre des articles. Alors on ne va pas proposer aux gens de faire un Amazon-bis. Il ne s’agit pas de ça. Mais nous voulons proposer par exemple à une star du porno de vendre sur sa page ses films, des t-shirts à son effigie, des affiches, des goodies, etc. On pourrait aussi parfaitement proposer à certaines marques de créer une page sur Social Porn pour communiquer sur leurs produits et proposer leurs références directement à la vente.

Enfin, le dernier petit widget qu’on va proposer sera celui de la donation. L’idée sera que sur chaque publication du réseau social on puisse afficher un lien « faire un don ». Les utilisateurs pourront donc se faire un don directement. Ils pourront échanger de la monnaie virtuelle de façon libre. On peut imaginer un couple libertin qui va publier des photos et des vidéos et qui va se faire récompenser par les internautes de façon volontaire.

Et du côté du mobile, avez-vous une application ?

Non, tout ce qui est interdit aux moins de 18 ans est interdit sur Google Play et l’App Store. Par contre, d’ici une à deux semaines, on va lancer la version mobile, dans le navigateur, où il sera possible d’uploader des contenus. Cela va donner un gros coup de boost au réseau social, puisque la plupart des stars du porn, notamment celles inscrites sur Social Porn, sont souvent très itinérantes. Elles font des shows en discothèques, elles sont présentes sur des plateaux TV, etc. Et là vraiment ça va prendre tout son sens, et tout son côté social, puisqu’elles vont publier des selfies, des petites vidéos de là où elles sont en temps réel, etc. Donc les utilisateurs verront ce flux publié par toutes ces filles, et ça donnera une empreinte au réel encore plus forte qu’aujourd’hui.

Avez-vous des concurrents dans votre domaine ?

Pas à ma connaissance, c’est-à-dire un vrai réseau social, permettant à l’utilisateur de publier ses contenus, de se tisser un réseau et d’interagir avec les autres utilisateurs, je n’en ai vu aucun. Il y a eu des tentatives dans le passé, notamment avec FacePorn. Ils ont fermé leur site durant leur procès avec Facebook. Ils ont gagné leur procès, et ils ont rouvert. Sauf que maintenant c’est un site de rencontre tout ce qu’il y a de plus basique. Il n’y a pas de mur, d’amitié et d’interactions. Mais c’est le seul à ma connaissance, qui je le reconnais volontiers m’a fortement inspiré pour Social Porn, car je le trouvais bien fait mais j’y voyais des défauts. Et un des défauts était qu’il avait ouvert le site au monde entier. Donc sur le flux d’actualité de la page d’accueil, ça s’empilait dans toutes les langues et ça devenait totalement illisible. Et puis il n’y avait aucun modèle économique derrière. C’est d’ailleurs notre défi. Nous devons élargir notre public le plus rapidement possible pour trouver un équilibre économique.

Que pensez-vous des sites gratuits comme YouPorn, PornHub, RedTube, XVideos, etc. ?

C’est dommage… Je comprends l’intérêt pour l’utilisateur d’accéder à des millions de vidéos gratuites. Le problème, c’est que cela va appauvrir l’offre. Avant, quand vous aviez des milliers d’acteurs qui gagnaient un petit peu d’argent avec leur site, il y avait encore un semblant de créativité. Là le problème, c’est qu’en ayant que des « tubes », l’industrie qui produit les contenus que les utilisateurs aiment voir produit des choses de plus en plus pauvres, vulgaires, violentes… Il y a une forme d’appauvrissement de ce qui est produit. On voit même du recyclage de vieilleries qui existent depuis longtemps.



Publié le 9 février 2015 à 15:14, par :
La rédaction // Facebook


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