Tuxboard - Malgré les taxes européennes, les voitures électriques chinoises restent 21 % moins chères et BYD double ses ventes en 2026

En 2026, les voitures électriques chinoises restent 21 % moins chères en Europe malgré les taxes et BYD double ses exportations.

Les droits de douane européens sur les voitures électriques chinoises ont-ils vraiment changé la donne ? Un rapport publié en 2026 par l’ONG Transport & Environment (T&E) apporte des réponses nuancées et des chiffres qui méritent l’attention de tout acheteur ou professionnel du secteur.

21 % moins cher : l’écart de prix qui résiste aux taxes

Au premier trimestre 2026, les voitures électriques d’origine chinoise restent 21 % moins chères que celles produites en Europe. Pourtant, l’Union européenne a instauré fin 2024 des droits de douane allant jusqu’à 35,3 % pour freiner ces importations. Cet écart de prix montre ainsi que les barrières tarifaires n’ont pas suffi à effacer l’avantage compétitif chinois.

Pour un acheteur qui compare les modèles disponibles sur le marché, cette différence reste donc très concrète. Un véhicule zéro émission chinois peut représenter une économie significative à l’achat, même après application des taxes. De nombreux consommateurs européens le savent désormais, et certains en tiennent compte dans leur choix.

T&E souligne par ailleurs que cette situation n’est pas figée. Les constructeurs chinois ont développé plusieurs stratégies pour maintenir leur présence, ce qui rend le paysage des voitures électriques en Europe plus complexe qu’il n’y paraît.

Des taxes inégales selon les marques

Tous les constructeurs ne subissent pas la même pression fiscale. Voici les taux de surtaxe appliqués aux principaux acteurs selon le rapport T&E :

  • SAIC (MG) : 35,3 % – le taux maximal
  • Geely : 18,8 %
  • BYD : 17 %
  • Tesla : 7,8 %

Ces écarts produisent des effets radicalement différents. Les exportations de SAIC ont ainsi diminué de près de moitié entre 2023 et 2025. BYD, en revanche, a plus que doublé ses exportations vers l’UE sur la même période, car son taux de taxe reste modéré.

Tesla et BMW ont, de leur côté, transféré une partie de leur production vers l’Europe. Cette décision leur permet d’éviter les surtaxes tout en restant compétitifs sur le marché des voitures électriques.

Les hybrides rechargeables et les batteries, les angles morts de la réglementation

« BYD veut être perçu comme un fabricant européen d’ici cinq ans. »

Les constructeurs chinois ont trouvé un autre levier : les véhicules hybrides rechargeables (PHEV). Ces modèles ne font l’objet d’aucune surtaxe européenne. En conséquence, leur part de marché en Europe est passée de 3 % en 2024 à 13 % au premier trimestre 2026. C’est une progression rapide qui illustre la capacité d’adaptation de l’industrie chinoise.

De plus, les batteries chinoises arrivent en Europe en grandes quantités, car elles ne subissent pratiquement aucun droit de douane. Ces importations ont été multipliées par sept entre 2020 et 2025. T&E alerte donc sur ce que l’ONG considère comme un angle mort de la politique commerciale européenne.

Face à ce constat, T&E recommande d’appliquer une taxe de 20 % sur les batteries chinoises. Selon ses calculs, cette mesure ne ferait augmenter le prix des voitures électriques produites en Europe que de 2,8 % en moyenne. L’impact sur le consommateur serait donc limité, tout en aidant l’industrie locale à se renforcer.

La relocalisation en Europe, une réponse efficace mais partielle

Plusieurs marques ont choisi de produire directement sur le sol européen pour contourner les taxes. BYD, Chery, Leapmotor et Xpeng font partie des marques chinoises qui ont annoncé des sites de production en Europe. Tesla, BMW et Volvo ont aussi relocalisé une partie de leur fabrication.

Depuis septembre 2023, dix sites de production ont ainsi été annoncés par l’industrie chinoise sur le Vieux Continent. BYD envisage notamment une usine en France ou en Espagne. Ces décisions montrent que la relocalisation est devenue une stratégie centrale pour rester compétitif sur le marché des voitures électriques européen.

Pourtant, produire en Europe ne garantit pas un rééquilibrage total des forces. Les voitures électriques issues de ces nouvelles usines pourront bénéficier de l’image d’un produit local, ce qui renforce encore la position des marques chinoises sur le long terme.

Une part de marché qui recule, mais une présence qui se consolide

La part de marché des voitures électriques fabriquées en Chine est tombée à 17 % au premier trimestre 2026, contre un pic de 22 % en 2024. Les droits de douane ont donc produit un effet mesurable sur les importations directes. Pourtant, ce recul masque une réalité plus complexe.

En effet, les marques chinoises ne quittent pas l’Europe. Elles s’y installent différemment, par la production locale, par les hybrides rechargeables et par les exportations de batteries. La stratégie globale est donc de rester présentes, quel que soit le cadre réglementaire.

L’Union européenne doit désormais décider si elle renforce ses défenses ou laisse ce nouvel équilibre s’installer. Le marché des voitures électriques en Europe entre dans une phase décisive, où chaque décision tarifaire pèse directement sur l’avenir des constructeurs locaux et sur le portefeuille des acheteurs.