En 2026, le tarif de rachat des panneaux solaires passe de 4 à 1,1 centime le kWh. Les batteries deviennent essentielles à la rentabilité.
Le gouvernement s’apprête à modifier profondément les règles du jeu pour les propriétaires de panneaux solaires. Un projet d’arrêté, présenté début avril au Conseil Supérieur de l’Énergie, prévoit une baisse drastique du tarif de rachat et la fin de plusieurs aides. Pour les ménages équipés ou en projet d’installation, ces annonces changent la donne.
Une rémunération divisée par quatre pour les panneaux solaires
Le prix d’achat du surplus d’électricité par EDF OA passerait de 4 centimes à seulement 1,1 centime le kWh. En tenant compte des baisses appliquées depuis mars 2025, la rémunération serait ainsi divisée par plus de dix en un an à peine.
De plus, le rachat serait suspendu lors des épisodes de prix négatifs. Le réseau électrique français a enregistré 513 heures de prix négatifs sur le marché de gros, contre 352 en 2024. Autrement dit, l’électricité produite serait injectée sans aucune compensation.
La prime à l’autoconsommation, actuellement entre 60 et 120 €/kWc selon la puissance, disparaîtrait purement et simplement. La revente en totalité de la production, accessible aux installations jusqu’à 100 kWc, serait aussi supprimée.
« Les contrats déjà signés ne sont pas remis en cause, seules les nouvelles installations seront concernées. »
Pourquoi l’État se désengage-t-il ?
Cette décision s’explique d’abord par les risques de déséquilibre du réseau. Fin 2025, Enedis recensait 848 374 installations photovoltaïques en autoconsommation individuelle. Cette multiplication génère un pic de production en milieu de journée, alors que la consommation stagne.
Par conséquent, EDF doit parfois réduire ou arrêter ses réacteurs nucléaires, conçus pour fonctionner régulièrement. L’aspect financier pèse aussi très lourd dans ce choix.
Selon le rapport Lévy-Tuot, remis au Premier ministre le 10 avril 2026, la charge pour les finances publiques s’élevait à 2,6 milliards d’euros en 2024, puis 5,3 milliards en 2025. Elle pourrait atteindre au moins 6,8 milliards en 2026.
- Tarif de rachat réduit à 1,1 centime le kWh
- Suppression de la prime à l’autoconsommation
- Fin de la revente en totalité pour les petites installations
- Rachat suspendu en cas de prix négatifs
- Seules les nouvelles installations sont concernées
Les panneaux solaires restent rentables grâce aux batteries domestiques
Malgré ces annonces, l’investissement dans des panneaux photovoltaïques reste pertinent. Le prix du matériel a en effet fortement baissé ces dernières années. La stratégie doit cependant évoluer vers la maximisation de la consommation personnelle.
Les professionnels recommandent désormais de ne plus surdimensionner les installations. Ils conseillent aussi d’associer les panneaux solaires à une batterie domestique. Une batterie de 10 kWh, coûtant environ 5 000 €, s’amortit en dix ans.
Avec un tel équipement, l’autonomie électrique d’un foyer peut passer de 30 % à plus de 60 %. Cette solution devient ainsi la clé de la rentabilité pour les nouveaux projets.
Des alternatives privées émergent face au retrait de l’État
Face à ce désengagement public, des fournisseurs privés proposent de nouvelles offres. Octopus Energy a lancé une offre Solar Boost, garantissant le rachat du surplus à 4 c€/kWh pendant quatre ans. Cette offre impose cependant de coupler l’installation à une batterie domestique.
Cette piste mérite une attention particulière. Le secteur du rachat privé n’est pas à l’abri de sociétés peu sérieuses. Le cas JPME, lourdement sanctionné pour des millions d’euros d’impayés depuis 2023, en est un exemple.
Que faire si vous possédez des panneaux solaires en 2026 ?
Pour les propriétaires actuels, les contrats signés restent valides. Ces nouvelles règles ne concernent que les futures installations. Il n’y a donc pas lieu de paniquer si vous êtes déjà équipé.
En revanche, si vous envisagez d’installer des panneaux solaires, la réflexion doit intégrer l’achat d’une batterie. L’autoconsommation maximale devient le seul levier de rentabilité face à un rachat quasi symbolique.
Ainsi, le modèle économique des panneaux solaires résidentiels se transforme profondément. Les ménages doivent adapter leur stratégie pour tirer le meilleur parti de leur production d’énergie.