Le robot Xiaomi CyberOne atteint 98 % de réussite sur la pose des écrous en usine automobile, soit le niveau d'un ouvrier humain.
Le robot Xiaomi CyberOne s’installe durablement dans les usines automobiles. Après quatre mois de réglages sur la ligne de production de Pékin, le CyberOne atteint désormais un taux de réussite de 98 % pour la pose des écrous. Ce résultat place l’humanoïde au niveau d’un ouvrier humain, à un point près.
Un taux de réussite qui grimpe de 90,2 % à 98 % en quatre mois
Au départ, le robot Xiaomi ratait presque dix écrous sur cent. Après réglages, il n’en rate plus que deux. Xiaomi calcule ce taux à partir des poses réussies sur le nombre de tentatives.
La tâche n’est pas simple. La pose d’un écrou autotaraudeur exige que le CyberOne s’aligne sur les pions de centrage et gère les différences de cannelures internes. De plus, le robot doit contrer les forces magnétiques qui perturbent la prise.
Concrètement, le CyberOne visse les deux flancs du plancher des voitures en même temps. Xiaomi présente ce résultat comme un premier pas vers une utilisation stable de son robot dans la production.
76 secondes pour tenir la cadence d’une usine entière
Ces 76 secondes correspondent au temps que met l’usine à terminer une voiture. La cadence est tenue par environ 700 robots automatisés sur le site de Pékin.
Les employés effectuent une partie du travail. Le CyberOne, lui, termine sa tâche avant l’arrivée de la voiture suivante. Ainsi, l’humanoïde s’intègre au flux de production sans le ralentir.
« Le CyberOne entre dans un plan prévu pour toute l’usine de Pékin, même s’il apprend encore à travailler avec régularité. »
Des tâches plus complexes où le robot Xiaomi progresse encore
Ce taux de 98 % concerne seulement les écrous. Par contraste, le CyberOne s’attaque aussi au tri des panneaux latéraux de la console centrale et au pliage des caisses. Sur ces opérations, le taux de réussite est de neuf sur dix.
Ces pièces souples changent de forme, contrairement à un écrou dur toujours identique. Par conséquent, la régularité est plus difficile à atteindre.
Le tri des panneaux marque pourtant une première mondiale. Jamais un robot humanoïde n’avait manipulé des pièces flexibles sur une durée pareille dans une usine automobile. Le robot Xiaomi progresse vite sur une tâche précise, mais débute sur les autres.
- Taux de réussite sur la pose des écrous : 98 %, contre 90,2 % au départ
- Cadence de production : une voiture toutes les 76 secondes
- Taux de réussite sur les panneaux et les caisses : neuf sur dix
- CyberOne présenté en 2022, mesure 1,77 m et pèse 52 kg
- Environ 700 robots automatisés sur le site de Pékin
Lei Jun annonce le remplacement de certains postes sur cinq ans
Lei Jun, patron de Xiaomi, a prévenu que le groupe remplacera certaines tâches humaines par des robots sur cinq ans. Les postes des usines automobiles qui demandent des tâches répétitives sont ainsi les premiers exposés. Les syndicats s’inquiètent déjà de la situation à venir.
Le prochain défi sera de faire travailler plusieurs robots ensemble. Pour l’instant, le robot Xiaomi occupe un seul poste et répète des opérations limitées. Répartir une tâche entre plusieurs unités exige de synchroniser les mouvements : un retard de quelques secondes sur un poste s’accumule ensuite sur les suivants.
Renault, General Motors et Xiaomi avancent en parallèle
Xiaomi n’avance pas seul sur ce terrain. Renault teste un robot appelé Calvin dans son usine de Douai. De son côté, General Motors a installé une cinquantaine de robots collaboratifs dans son usine de Détroit.
General Motors a fait ce choix quelques mois après avoir licencié plus de 1 000 personnes, sans rapport établi entre les deux décisions. Ainsi, la tendance à la robotisation touche désormais les plus grands constructeurs mondiaux.
Le robot Xiaomi CyberOne rate pourtant encore une pièce sur dix sur les panneaux et les caisses et a besoin de surveillance. L’usine de Pékin ne tourne pas seule. Ce qui a changé, c’est qu’une tâche précise atteint la régularité attendue. Par conséquent, le CyberOne menace des postes humains dès lors qu’il pourra faire davantage.