Les PFAS, surnommés « polluants éternels », ne se trouvent pas uniquement dans les objets du quotidien. Ils peuvent aussi contaminer certains aliments, notamment lorsqu’ils proviennent d’une eau ou d’un sol contaminé. Poissons, œufs, viande, fruits de mer, fruits et légumes ou encore aliments en contact avec certains emballages peuvent être concernés. Mais quels aliments contiennent réellement des PFAS et faut-il modifier son alimentation ?
Quels aliments peuvent contenir des PFAS ?
Les PFAS sont partout. Ces substances chimiques, utilisées depuis plusieurs décennies pour leurs propriétés antiadhésives, résistantes à l’eau, aux graisses ou aux taches, sont particulièrement persistantes dans l’environnement.
Le problème est qu’elles peuvent également se retrouver dans notre alimentation. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’exposition alimentaire aux PFAS peut notamment provenir d’aliments contaminés par l’eau ou les sols, mais aussi de certains emballages et équipements utilisés pendant la production alimentaire.
Alors, quels aliments peuvent contenir des PFAS ? Tous ne sont évidemment pas concernés de la même manière. Certains aliments sont toutefois davantage surveillés que d’autres.
Le poisson fait partie des principaux aliments concernés
Le poisson est probablement le premier aliment auquel il faut penser lorsqu’on parle de PFAS dans l’alimentation.
Pourquoi ? Parce que ces substances peuvent se retrouver dans les milieux aquatiques et s’accumuler dans les organismes qui y vivent. Les poissons et les fruits de mer peuvent donc être exposés à une contamination présente dans leur environnement.
L’EFSA indique d’ailleurs que le poisson contribue de manière importante à l’exposition alimentaire aux PFAS. Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut supprimer le poisson de son alimentation.
Au contraire, le poisson reste intéressant sur le plan nutritionnel grâce à ses protéines, ses vitamines et ses acides gras oméga-3. Le véritable enjeu consiste plutôt à varier les espèces et les sources d’approvisionnement.
Pour savoir quels produits privilégier, vous pouvez notamment consulter notre article consacré aux meilleurs poissons à manger pour la santé selon les experts.
La question de la qualité du poisson mérite d’autant plus d’attention que d’autres contaminants peuvent également être présents. Une précédente enquête sur le meilleur supermarché pour acheter son poisson s’intéressait ainsi à plusieurs polluants retrouvés dans différentes références de saumon, de thon et de cabillaud.
Les œufs peuvent également contenir des PFAS
Les œufs figurent également parmi les aliments à surveiller.
Les poules peuvent être exposées à des PFAS présents dans leur environnement ou leur alimentation. Comme ces substances sont extrêmement persistantes, elles peuvent ensuite se retrouver dans certains produits d’origine animale.
L’EFSA considère d’ailleurs les œufs, avec le poisson, comme une source importante d’exposition alimentaire aux PFAS dans la population européenne.
Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter de manger des œufs. Les autorités sanitaires raisonnent plutôt en termes d’exposition globale et de diversité alimentaire.
Une alimentation variée permet donc de ne pas concentrer systématiquement son exposition sur les mêmes aliments.
La viande peut aussi être concernée
La viande n’est pas totalement épargnée.
Les animaux peuvent être exposés aux PFAS par leur eau, leur alimentation ou leur environnement. Dans certaines situations, les substances peuvent ensuite se retrouver dans les tissus et les produits alimentaires issus de ces animaux.
L’Union européenne a d’ailleurs fixé des teneurs maximales pour certains PFAS dans différentes catégories d’aliments d’origine animale.
Cela concerne notamment certaines viandes, les abats, les poissons, les crustacés, les mollusques et les œufs.
La présence de limites réglementaires ne signifie pas que toutes les viandes sont contaminées. Elle montre surtout que les autorités surveillent ces substances et cherchent à limiter l’exposition de la population.
Les fruits de mer et les crustacés sont également concernés
Les crevettes, moules, huîtres et autres produits issus des milieux aquatiques peuvent eux aussi être exposés aux PFAS présents dans leur environnement.
Comme pour les poissons, la contamination dépend notamment du milieu dans lequel les animaux ont vécu.
Les mollusques sont particulièrement intéressants à surveiller puisque certains organismes filtrent de grandes quantités d’eau pour se nourrir. Ils peuvent ainsi être exposés à différents contaminants présents dans leur environnement.
Il n’est donc pas question de considérer tous les fruits de mer comme « dangereux », mais plutôt de comprendre pourquoi leur origine et la qualité des zones de production sont importantes.
Les fruits et légumes peuvent-ils contenir des PFAS ?
Oui, mais le sujet est différent.
Les plantes peuvent être exposées aux PFAS présents dans l’eau ou dans les sols. Une contamination environnementale peut donc, dans certaines circonstances, atteindre des cultures.
Cependant, les fruits et légumes ne sont pas considérés comme les principales sources d’exposition alimentaire aux PFAS chez l’être humain.
Cela ne signifie pas qu’il faut les éviter. Bien au contraire : une alimentation variée riche en fruits et légumes reste essentielle.
La meilleure stratégie consiste donc à éviter les conclusions trop simplistes du type « cet aliment contient des PFAS, donc il ne faut plus en manger ».
L’eau peut être une source indirecte de PFAS
L’eau est un élément central dans cette histoire.
Les PFAS peuvent contaminer les ressources en eau et, lorsque cette eau est utilisée pour boire, cuisiner ou produire des aliments, elle peut contribuer à l’exposition humaine.
C’est notamment pour cette raison que la qualité de l’eau potable fait l’objet d’une surveillance croissante.
Chez Tuxboard, plusieurs enquêtes ont déjà attiré l’attention sur la présence de différents contaminants dans l’eau du robinet, comme dans notre article consacré à l’eau du robinet très polluée dans certaines régions.
Attention toutefois à ne pas tout mélanger : tous les polluants retrouvés dans l’eau ne sont pas des PFAS. Les nitrates, pesticides, métabolites de pesticides et PFAS appartiennent à des familles différentes.
Les emballages alimentaires peuvent augmenter l’exposition
Il n’y a pas que les aliments eux-mêmes.
Les emballages alimentaires constituent également une source potentielle d’exposition. Certains PFAS ont longtemps été utilisés pour rendre des emballages résistants à la graisse et à l’humidité.
C’est notamment ce qui a attiré l’attention sur certains emballages utilisés dans la restauration rapide.
Une enquête avait ainsi révélé la présence de PFAS dans différents emballages alimentaires utilisés par plusieurs grandes enseignes. Vous pouvez retrouver notre article consacré aux produits chimiques retrouvés dans les emballages de McDonald’s et Burger King pour mieux comprendre le problème.
Le contact entre l’aliment et son emballage est particulièrement intéressant à surveiller puisque certaines substances peuvent migrer du matériau vers la nourriture.
Cela concerne notamment les emballages destinés à contenir des aliments gras ou chauds.
Le popcorn au micro-ondes : un cas souvent cité
Le popcorn à préparer au micro-ondes est également régulièrement associé à l’histoire des PFAS.
Pendant longtemps, certains emballages alimentaires ont utilisé des substances fluorées pour résister aux graisses. L’objectif était simple : éviter que le beurre ou l’huile ne traverse le sachet.
Les réglementations ont toutefois évolué au fil du temps et les pratiques industrielles ne sont plus nécessairement les mêmes qu’il y a plusieurs années.
Il faut donc éviter de présenter tous les sachets de popcorn actuels comme une source systématique de PFAS.
Même la bière peut être concernée
La bière est un exemple particulièrement intéressant car elle montre que les PFAS peuvent atteindre un aliment par l’intermédiaire de l’eau.
Une étude américaine publiée en 2025 a analysé 23 bières et détecté des PFAS dans 95 % des échantillons. Les niveaux les plus élevés étaient notamment associés à des zones où l’eau était contaminée.
Notre article sur la présence de PFAS dans 95 % des bières analysées par des scientifiques revient plus précisément sur cette étude.
Mais attention : ces résultats ne permettent pas d’affirmer que 95 % des bières vendues en France contiennent des PFAS. L’étude portait sur des bières produites et commercialisées aux États-Unis.
L’exemple montre néanmoins comment une contamination de l’eau peut potentiellement se retrouver dans une boisson.
Et les poêles antiadhésives dans tout ça ?
Les poêles et ustensiles antiadhésifs ne sont pas des aliments, mais ils méritent d’être évoqués puisqu’ils peuvent être une autre source potentielle de contact avec les PFAS.
Certaines familles de revêtements antiadhésifs sont associées aux PFAS, même si tous les revêtements antiadhésifs ne sont pas identiques.
Le sujet est souvent confondu avec celui du PTFE, du PFOA et des autres substances de la famille des PFAS. Il faut donc éviter de mettre tous les produits dans le même panier.
Tuxboard avait notamment consacré un article aux poêles en PTFE et aux PFAS, tandis qu’une autre enquête présentait une poêle antiadhésive IKEA avec un revêtement annoncé sans PFAS.
L’intérêt est surtout de vérifier la composition et les informations fournies par le fabricant plutôt que de considérer automatiquement toute poêle antiadhésive comme dangereuse.
Quels sont les aliments les plus concernés ?
Il est difficile d’établir un classement universel valable pour tout le monde, car l’exposition dépend de nombreux paramètres : alimentation, environnement, origine des produits et contamination locale.
Mais, d’après les données disponibles au niveau européen, certains groupes ressortent davantage :
- Les poissons et produits de la mer
- Les œufs
- Certaines viandes et abats
- Les crustacés et mollusques
- Certains aliments exposés à une eau ou un sol contaminé
- Les aliments susceptibles d’être en contact avec certains emballages
La bière et d’autres boissons peuvent également être concernées indirectement lorsque l’eau utilisée dans leur fabrication contient des PFAS.
Faut-il arrêter de manger du poisson ou des œufs ?
Non.
C’est probablement le point le plus important à retenir.
La présence potentielle de PFAS dans certains aliments ne signifie pas qu’il faut supprimer les poissons, les œufs ou les fruits de mer de son alimentation.
L’EFSA souligne d’ailleurs l’importance d’une alimentation équilibrée et variée et ne recommande pas d’arrêter de consommer du poisson simplement en raison de la présence potentielle de PFAS.
Le problème est plutôt celui de l’exposition répétée à certaines substances persistantes.
Varier les aliments permet donc de diversifier les sources de nutriments et d’éviter de dépendre quotidiennement d’un seul groupe alimentaire.
Comment réduire son exposition aux PFAS ?
Il est impossible de contrôler totalement son exposition aux PFAS. Ces substances sont extrêmement répandues dans l’environnement.
Quelques réflexes peuvent néanmoins être intéressants.
Varier son alimentation
C’est probablement le conseil le plus simple.
Alterner les espèces de poissons, les sources de protéines et les différents aliments permet de limiter une exposition répétée provenant toujours de la même source.
Privilégier une alimentation variée
Il n’est pas nécessaire de supprimer une catégorie entière d’aliments sur la seule base d’une contamination potentielle.
Une alimentation diversifiée permet au contraire de répartir les sources alimentaires.
Limiter les contacts inutiles avec certains emballages
Réduire l’utilisation d’emballages alimentaires très gras ou très résistants lorsque cela est possible peut également être un réflexe intéressant.
Être attentif à la qualité des ustensiles
Pour les poêles et casseroles, il est possible de vérifier les informations communiquées par les fabricants sur les matériaux et les revêtements.
Ne pas paniquer face à chaque alerte
C’est sans doute le conseil le plus important.
Les PFAS constituent un véritable sujet environnemental et sanitaire, mais cela ne signifie pas que chaque aliment dans lequel une trace est détectée devient immédiatement dangereux.
Les seuils réglementaires, les niveaux d’exposition et la consommation globale doivent être pris en compte.
Les PFAS vont-ils disparaître de notre alimentation ?
C’est peu probable à court terme.
Le principal problème des PFAS est justement leur extrême persistance. Une fois rejetées dans l’environnement, certaines de ces substances peuvent rester présentes pendant de très longues périodes.
Les autorités européennes ont donc renforcé la surveillance et instauré des teneurs maximales pour plusieurs PFAS dans certaines catégories d’aliments.
La tendance est également à la réduction de leur utilisation dans différents secteurs, notamment lorsque des alternatives existent.
Mais leur présence dans l’environnement signifie que la question continuera probablement à se poser pendant de nombreuses années.
Ce qu’il faut retenir
Alors, quels aliments peuvent contenir des PFAS ? Principalement certains poissons, œufs, viandes, crustacés et mollusques, auxquels peuvent s’ajouter des aliments exposés à une eau ou un environnement contaminé.
Les emballages alimentaires constituent également une voie d’exposition à ne pas négliger, tout comme certaines utilisations industrielles pouvant entraîner une contamination indirecte des aliments ou des boissons.
Pour autant, inutile de vider son réfrigérateur.
Le meilleur réflexe reste une alimentation variée, la diversification des sources de protéines et une attention particulière portée à la qualité des produits et à leur origine.
Les PFAS sont un véritable problème de pollution environnementale. Mais les comprendre permet surtout d’éviter deux excès : les ignorer totalement ou, à l’inverse, avoir peur de tous les aliments susceptibles d’en contenir des traces.