Si vous faites partie des gens qui ne peuvent s’empêcher d’avoir la chair de poule en voyant des petits trous, vous êtes certainement atteint de trypophobie.

En 1959, Serge Gainsbourg chantait : « Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous/Y a de quoi devenir dingue/De quoi prendre un flingue. »

Des paroles auxquelles les personnes atteintes de trypophobie peuvent s’identifier facilement.

Ces petits trous peuvent se situer dans le gruyère, les coraux, les nids d’abeilles, la tête de lotus avec ses graines, la mousse du shampooing et même les donuts.

Pour évaluer si vous êtes également touché par ce trouble curieux, visionnez cette vidéo pendant quelques secondes.

Si vous vous sentez mal à l’aise, et commencez à ressentir des démangeaisons, des maux de tête ou la nausée, vous avez de bonnes chances d’être également trypophobe.

Heureusement, de nouvelles recherches suggèrent qu’il n’y a rien à craindre de cette phobie. Des participants ont été invités à regarder des images d’animaux effrayants telles que des serpents et des araignées, et d’autres représentant des petits trous.

Grâce à la pupillométrie – une technique de suivi de l’œil -, les scientifiques ont constaté que les personnes resserraient davantage leurs paupières lorsqu’ils regardaient des trous, par rapport aux animaux dangereux. Cela suggère que les petits trous provoquent une réaction de dégout, plutôt que de la peur.

Dans une déclaration, l’auteur principal de l’étude, Vladislav Ayzenberg, a expliqué :

« En surface, les images d’animaux menaçants et des groupes de trous provoquent une réaction aversive.

Cependant, nos résultats suggèrent que les fondements physiologiques de ces réactions sont différents, même si l’aversion générale peut être enracinée dans des propriétés visuelles-spectrales partagées.

Lorsque vous avez peur, votre rythme cardiaque augmente et vos pupilles se dilatent. En revanche, le dégoût ralentit votre fréquence cardiaque et votre respiration, et resserre vos pupilles. »

 

Ayzenberg a continué:

« Ces signaux visuels signalent au corps d’être prudent, tout en l’isolant, comme pour limiter son exposition à quelque chose qui pourrait être nocif. »

La trypophobie pourrait donc être liée à un mécanisme de défense évolutif. En effet, elle permet à certaines personnes de reconnaître la nourriture pourrie ou moisie, ainsi que les peaux lésées, généralement caractérisés par… des petits trous.