Tuxboard - ChatGPT refuse désormais d'imiter Stephen King, mais garde un plan B discret

ChatGPT refuse d'imiter Stephen King ou Agatha Christie et propose une ambiance similaire. Gemini, Claude et Copilot ont chacun leur propre politique.

Pendant trois ans, imiter la plume d’un grand romancier a été l’un des exercices les plus populaires sur ChatGPT. Des forums d’écriture entiers ont accumulé des consignes prêtes à l’emploi pour singer tel ou tel best-seller. Pourtant, ce tour de passe-passe vient de prendre fin, sans annonce et sans explication.

ChatGPT refuse désormais d’imiter les grands auteurs

Les tests menés ces derniers jours sont unanimes. Demandez à ChatGPT une scène d’ouverture à la manière de Stephen King, et la machine répond qu’elle ne peut reproduire ni son « style exact » ni sa « voix distinctive ». Le refus est net, poli, et accompagné d’une proposition alternative.

En revanche, le chatbot ne reste pas les bras croisés. Il propose un texte original construit sur l’angoisse de petite ville et la tension psychologique. Ainsi, il contourne le refus sans laisser l’utilisateur sans réponse. C’est un plan B discret, mais bien réel.

Ce changement de politique concerne aussi bien les auteurs vivants que les auteurs disparus. J.K. Rowling, Amy Tan, Agatha Christie, Charles Dickens ou Ernest Hemingway : tous sont désormais hors de portée. Pour Agatha Christie, la machine invoque même des œuvres « encore protégées par le droit d’auteur ».

Un virage silencieux, sans communiqué officiel

Ce qui frappe, c’est l’absence totale de communication autour de ce changement. OpenAI n’a publié aucun communiqué, aucune note de mise à jour. L’éditeur du chatbot semble avoir espéré que personne ne remarquerait rien.

Pourtant, la rupture est franche. Pendant trois ans, imiter la plume d’un romancier célèbre a été l’un des tours favoris de ChatGPT. Les forums d’écriture regorgent encore de consignes toutes prêtes pour singer tel ou tel best-seller. De plus, ce type d’exercice était l’un des plus pratiqués par les utilisateurs.

« Personne ne sait où passe la ligne, et chacun place le curseur selon son exposition aux tribunaux. »

La concurrence n’a pas reçu le même mémo

Un audit comparatif des politiques des principaux chatbots révèle des approches très différentes. Gemini s’exécute sans sourciller face à ce type de demande. Claude et Copilot obtempèrent, mais ajoutent un avertissement. Perplexity, en revanche, refuse tout le monde, vivants comme morts.

Ainsi, quatre politiques différentes coexistent pour une même question juridique. Ce constat dit surtout une chose : personne ne sait vraiment où passe la ligne. Chaque acteur place le curseur selon son propre niveau d’exposition aux tribunaux.

  • ChatGPT refuse d’imiter le style exact de tout auteur, vivant ou mort.
  • Gemini accepte ce type de demande sans restriction apparente.
  • Claude et Copilot acceptent, mais ajoutent un avertissement explicite.
  • Perplexity refuse d’imiter tous les auteurs, sans distinction.
  • Le droit moral et le parasitisme offrent aux auteurs français des angles d’attaque spécifiques.

Par conséquent, l’absence de standard commun dans le secteur est flagrante. Chaque entreprise gère le risque juridique à sa façon. Aucune règle partagée ne semble émerger pour l’instant.

Le droit d’auteur, un terrain encore flou pour l’IA

Côté français, le style littéraire n’est pas protégé en tant que tel. Pourtant, le droit moral et la notion de parasitisme offrent aux auteurs des angles d’attaque que le droit américain du fair use ignore. Les auteurs ne sont donc pas sans recours.

La question reste ouverte : ces nouvelles restrictions de ChatGPT sont-elles une réponse à des pressions juridiques, ou une décision préventive ? La source ne le précise pas. En revanche, le timing, discret et non annoncé, laisse penser que la prudence guide désormais les choix d’OpenAI.

Une pudeur nouvelle pour un outil qui a englouti des bibliothèques entières

Il y a une ironie dans cette situation. ChatGPT a été entraîné sur des quantités massives de textes, sans que les auteurs concernés aient été consultés. Désormais, le même outil refuse de reproduire leur style. Cette prudence nouvelle contraste avec les pratiques passées.

Pour les utilisateurs habitués à ces exercices d’imitation, le changement est concret. Les forums d’écriture devront adapter leurs consignes. De plus, les créateurs qui utilisaient le chatbot comme outil de style vont devoir trouver d’autres méthodes.

En définitive, ce virage illustre la tension croissante entre les capacités techniques des IA génératives et les droits des créateurs. Le débat juridique autour de l’imitation de style par l’IA est loin d’être clos. Chaque acteur du secteur avance désormais à tâtons, en surveillant les tribunaux de près.