Tuxboard - Deux États américains veulent imposer lidars et radars aux robotaxis, un vrai casse-tête pour Tesla

Le New Jersey veut imposer lidars et radars aux robotaxis. Tesla, qui mise tout sur les caméras, mobilise ses clients pour bloquer le texte.

Tesla fait face à un défi réglementaire inattendu. Plusieurs États américains envisagent d’imposer des règles techniques aux véhicules autonomes qui pourraient remettre en cause le choix fondamental du constructeur de ne miser que sur les caméras. Pour Elon Musk, pourtant, cette approche est une conviction profonde, défendue depuis des années.

Une philosophie « vision seule » au cœur du modèle autonome

Elon Musk n’a jamais caché son peu d’enthousiasme pour les capteurs lidars et les radars. Pour lui, une voiture autonome doit se débrouiller comme un humain : avec des caméras et un logiciel suffisamment intelligent pour comprendre son environnement. Ce choix est répété et défendu depuis des années.

En mars 2025, il justifiait encore sa position sur son réseau social : « Les humains ne projettent pas de lasers avec leurs yeux pour conduire. » Il estime par ailleurs que multiplier les capteurs pourrait réduire la sécurité. Un désaccord entre les données des caméras, des radars et des lidars créerait, selon lui, de la confusion plutôt que de la fiabilité.

Le constructeur a donc volontairement abandonné ces équipements. Pourtant, ce pari technologique pourrait désormais se retourner contre lui sur le plan réglementaire.

« Les humains ne projettent pas de lasers avec leurs yeux pour conduire. »

Ce que prévoient les projets de loi américains

Le New Jersey examine actuellement un projet de loi qui créerait un programme pilote de trois ans pour tester et déployer des véhicules autonomes. Avant de retirer les opérateurs de sécurité humains, les constructeurs devraient parcourir environ 80 000 kilomètres sur les routes de l’État sans incident majeur.

Ils devraient aussi signaler certains accidents et obtenir une autorisation avant de lancer un service commercial. Le texte doit encore être soumis au vote, attendu plus tard dans l’année. De plus, une règle similaire est envisagée dans l’État de New York.

Le passage le plus problématique concerne directement les capteurs. Les robotaxis devraient combiner des caméras avec deux autres technologies de détection. Autrement dit, la vision seule ne suffirait plus.

  • Les caméras resteraient obligatoires dans les deux projets de loi.
  • Les radars utilisent des ondes radio pour repérer les objets, notamment par mauvaise visibilité.
  • Les lidars produisent une représentation en trois dimensions via des impulsions laser.
  • Le New Jersey exige environ 80 000 kilomètres sans incident avant tout déploiement commercial.
  • Une règle similaire est envisagée dans l’État de New York.

Waymo et Zoox avantagés par leur architecture technique

Waymo, filiale d’Alphabet, et Zoox, propriété d’Amazon, n’auraient pas grand-chose à modifier si ces textes entrent en vigueur. Leurs véhicules utilisent déjà des caméras, des radars et des lidars. Ainsi, ces acteurs sont naturellement conformes aux exigences envisagées.

En revanche, le constructeur américain aux caméras seules se retrouverait dans une position inconfortable. Pour se conformer à ces règles, il faudrait repenser une architecture technique construite autour d’un principe philosophique fort. Ce n’est pas une simple mise à jour logicielle.

Par conséquent, les concurrents de Tesla n’ont rien à craindre de ces nouvelles réglementations. Au contraire, elles pourraient renforcer leur avance sur certains marchés locaux.

Une technologie volontairement abandonnée

Tesla a fait le choix délibéré de se passer du lidar et du radar. Elon Musk a qualifié le lidar de « mauvaise direction » et affirmé que les entreprises qui en dépendent sont condamnées. Cette position est restée stable malgré les critiques du secteur.

Pourtant, les deux capteurs apportent des avantages réels. Le radar détecte les objets par mauvaise visibilité grâce aux ondes radio. Le lidar, lui, construit une carte en trois dimensions précise de l’environnement via des impulsions laser. Ces atouts expliquent pourquoi plusieurs régulateurs souhaitent les rendre obligatoires.

Tesla mobilise ses clients face aux législateurs

Le constructeur ne compte pas laisser passer ces textes sans réagir. Il demande désormais à ses clients du New Jersey de contacter leurs élus pour s’opposer au projet de loi. Cette stratégie de mobilisation directe montre l’importance des enjeux perçus par la marque.

Tesla accuse par ailleurs les législateurs de ne pas se concentrer sur les résultats en matière de sécurité. Selon le constructeur, ces exigences techniques reviendraient, dans les faits, à l’exclure du marché local. C’est une accusation forte, qui traduit une tension réelle entre innovation et régulation.

Ainsi, le débat dépasse la simple question technique. Il touche à la manière dont les États définissent la sécurité routière et aux acteurs qu’ils souhaitent voir opérer sur leurs routes. Les votes attendus plus tard dans l’année seront déterminants pour l’avenir du robotaxi aux États-Unis.