Fraichoù calcule l'itinéraire piéton le plus frais selon l'ombre et l'heure, une option que Google Maps ne propose pas.
Quand le thermomètre dépasse régulièrement les 35°C dans les villes françaises, marcher devient un défi. Un ingénieur a pourtant trouvé une réponse concrète à ce problème, là où Google Maps ne propose rien de tel. Son outil gratuit change la façon de penser ses déplacements à pied en pleine canicule.
Ce que Google Maps ne fait pas encore
Google Maps sait très bien calculer le trajet le plus court ou le plus rapide. Pourtant, l’application ne tient pas compte du confort thermique du piéton. Par conséquent, un marcheur peut se retrouver à longer des façades en plein soleil alors qu’une rue ombragée existait à quelques mètres.
C’est précisément ce manque qu’a voulu combler Axel Aubry, ingénieur français. Il a donc créé Fraichoù, un site web gratuit qui propose une option absente de Google Maps : l’itinéraire le plus frais possible. L’idée part d’un besoin personnel, né lors de ses propres trajets à pied.
« Je me déplace souvent en marchant et je cherchais l’ombre en permanence. Je me suis aperçu que les applications savent calculer le chemin le plus court ou le plus rapide, mais aucune ne se préoccupe de notre confort. »
Des données publiques au service du piéton
Pour construire Fraichoù, Axel Aubry a combiné des données publiques issues d’OpenStreetMap, de mairies et de la BD TOPO. Ces sources lui permettent de cartographier avec précision les zones d’ombre en ville. Le résultat est un calcul d’itinéraire qui va bien au-delà de ce que propose Google Maps.
L’outil prend en compte l’ombre des bâtiments, celle des arbres, ainsi que la présence de points d’eau. De plus, l’heure de départ influe directement sur le résultat, car l’ombre se déplace avec le soleil. Ainsi, un trajet proposé à 8h du matin ne sera pas le même qu’à 14h.
Trois options de trajet, un vrai choix pour l’utilisateur
Sur Fraichoù, l’utilisateur entre un point de départ, un point d’arrivée et une heure de départ. L’outil retourne alors trois options : le trajet le plus rapide, un trajet équilibré, et le trajet le plus frais. Des boutons permettent aussi d’afficher les zones d’ombre, les arbres et les points d’eau sur la carte.
Ce trajet le plus frais est souvent un peu plus long. En revanche, il permet de gagner quelques degrés sur le parcours. Pour les personnes qui subissent la canicule, ce compromis est souvent bien préférable à la rapidité.
- Entrée d’un point de départ et d’un point d’arrivée
- Choix de l’heure de départ pour un calcul d’ombre précis
- Trois options : plus rapide, équilibré, ou plus frais
- Affichage des bâtiments, arbres et points d’eau sur la carte
- Accès entièrement gratuit
Google Maps reste l’outil de référence pour la navigation urbaine. Pourtant, Fraichoù répond à un besoin que Google Maps n’adresse pas, celui du confort en période de forte chaleur. Les deux outils sont donc complémentaires plutôt que concurrents.
Paris, Lille et Rennes pour commencer
Pour l’instant, Fraichoù fonctionne avec trois villes : Paris, Lille, et Rennes et ses alentours. C’est un périmètre limité, car la collecte et le traitement des données demandent du temps. D’autres villes pourraient rejoindre la liste grâce à un système de vote disponible sur le site.
Les utilisateurs peuvent ainsi voter pour leur ville afin de la faire remonter en priorité. Ce mécanisme participatif permet à Axel Aubry de cibler les zones les plus demandées en premier. C’est donc une façon concrète d’influencer le développement de l’outil.
Ce que prépare Fraichoù pour la suite
Axel Aubry ne compte pas s’arrêter là. Il réfléchit à professionnaliser le site et à proposer de nouveaux services. Les collectivités locales, notamment, s’intéressent aux données de recherche des utilisateurs. Ce signal fort montre que Fraichoù dépasse le simple projet personnel.
Parmi les pistes envisagées, on trouve une version adaptée aux cyclistes, un recensement plus complet des points d’eau, et une application mobile. Une version vélo serait d’ailleurs un ajout très utile, car les pistes cyclables ont aussi leurs zones de fraîcheur. Ainsi, l’outil pourrait devenir une vraie alternative à Google Maps pour les déplacements doux en été.
Google Maps domine la navigation quotidienne, mais des outils comme Fraichoù montrent que des angles précis restent à couvrir. Google Maps ne propose pas de calcul thermique, et c’est cette lacune qu’un ingénieur français a transformée en projet concret. Alors que les vagues de canicule se répètent chaque été en France, ce type d’outil répond à un besoin réel et croissant pour des millions de piétons urbains. Google Maps pourrait un jour intégrer ce critère, mais en attendant, Fraichoù prend de l’avance sur ce terrain.