La Suède menace en 2026 de bloquer le FSD de Tesla en Europe à cause d'une fonction permettant de dépasser les limitations de vitesse.
La conduite autonome de Tesla traverse une zone de turbulences en Europe. Une seule fonction embarquée suffit désormais à mettre en péril des mois de négociations et plusieurs autorisations provisoires déjà accordées sur le continent.
La Suède dresse un barrage inattendu face au FSD
Selon une lettre révélée par Reuters le 19 juin 2026, le régulateur suédois des transports (TRV) exhorte l’Union européenne à rejeter l’homologation de la conduite autonome supervisée, connue sous le nom de Full Self-Driving (FSD). La décision pourrait tomber lors d’une réunion du comité technique européen prévue le 30 juin 2026.
Pour valider ce déploiement, le constructeur doit recueillir une majorité qualifiée. Cela représente 15 États membres sur 27, couvrant au moins 65 % de la population européenne, lors du vote du TCMV (Comité technique des véhicules à moteur).
Si ce seuil n’est pas atteint, les approbations provisoires déjà accordées par cinq pays seront annulées. Ainsi, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, l’Estonie et la Lituanie perdraient leurs autorisations temporaires.
Le « Speed Offset », une option qui fait tout basculer
La fonction au cœur du litige s’appelle le « Speed Offset ». Elle permet au conducteur de configurer le système pour qu’il dépasse volontairement et systématiquement les limitations de vitesse légales, par une marge fixe ou un pourcentage défini.
Pour Stockholm, cette option pose un problème clair de sécurité publique. Le TRV estime qu’elle risque de compromettre à la fois le cadre juridique et les avantages attendus en matière de sécurité routière.
« Cette option risque de compromettre à la fois le cadre juridique et les avantages escomptés en matière de sécurité. »
La Suède exige donc le retrait pur et simple de cette fonctionnalité, sous peine de voter contre la légalisation du FSD à l’échelle européenne. C’est une position ferme, et elle pourrait peser lourd dans la balance du 30 juin.
Un vote crucial qui menace des mois de travail
Le déploiement du FSD en Europe représente un enjeu concurrentiel majeur pour le constructeur californien. De plus, cinq pays avaient déjà pris le risque politique d’accorder des autorisations provisoires, pariant sur une validation rapide à l’échelle continentale.
Or, un vote négatif du TCMV remettrait tout à zéro. Ces autorisations provisoires tomberaient, et l’avance commerciale espérée sur le marché européen disparaîtrait avec elles.
Face à la pression, le constructeur se retranche derrière son manuel d’utilisation. Il rappelle que le conducteur garde en tout état de cause la responsabilité de sa vitesse.
- Le régulateur suédois TRV demande le retrait du « Speed Offset » avant tout vote favorable.
- Le vote européen du TCMV est prévu le 30 juin 2026.
- Une majorité qualifiée de 15 États membres sur 27 est nécessaire pour valider le FSD.
- Cinq pays ont déjà accordé des autorisations provisoires : Pays-Bas, Belgique, Danemark, Estonie, Lituanie.
- Un échec au vote annulerait toutes ces autorisations provisoires.
La réponse du constructeur face aux critiques
L’argument avancé par la marque repose sur la responsabilité individuelle du conducteur. En théorie, ce dernier reste maître de son véhicule et de sa vitesse, même lorsque le système autonome est actif.
En revanche, pour les professionnels de la sécurité routière, cette explication ne suffit pas. Laisser un système automatisé dépasser les limites légales, même avec l’accord du conducteur, va à l’encontre des principes fondamentaux du droit routier européen.
Un avantage concurrentiel qui s’effrite à la veille du vote
Pour Tesla, le marché européen représente bien plus qu’un simple territoire commercial. Obtenir le feu vert continental pour la conduite autonome supervisée aurait offert un avantage décisif face à des concurrents qui, eux, n’ont pas encore franchi cette étape réglementaire.
Pourtant, une seule fonction controversée suffit aujourd’hui à faire vaciller cette stratégie. Par conséquent, la pression sur l’entreprise est forte : supprimer le « Speed Offset » ou risquer un refus collectif le 30 juin.
La question est désormais simple. Tesla va-t-il plier face aux exigences suédoises pour sauver ses autorisations provisoires en Europe, ou va-t-il maintenir cette option au risque de tout perdre à quelques jours du vote décisif ?