Bruxelles contraint Meta à rouvrir gratuitement WhatsApp à ChatGPT et aux IA rivales en 2026.
La messagerie la plus utilisée au monde se retrouve au cœur d’un bras de fer entre Bruxelles et Meta. Une décision de la Commission européenne vient de changer la donne pour des millions d’utilisateurs de WhatsApp qui souhaitaient accéder à des assistants d’intelligence artificielle rivaux, dont ChatGPT. Ce que Meta refusait depuis des mois pourrait bien devenir une réalité très prochainement.
Meta avait fermé la porte aux chatbots concurrents
Fin 2025, Meta avait chassé ChatGPT puis Copilot de sa plateforme de messagerie. Seul Meta AI, son propre assistant, restait accessible aux utilisateurs. Cette mise à l’écart ressemblait à une manœuvre pour écarter la concurrence.
Au printemps, le groupe de Mark Zuckerberg avait tenté un compromis. Il avait rouvert ses portes aux IA rivales, mais contre paiement. Bruxelles avait aussitôt jugé ces frais beaucoup trop dissuasifs.
Depuis octobre, le réseau social bloquait ces services via l’interface destinée aux entreprises. Meta AI, en revanche, échappait à cette restriction. Le groupe justifiait sa décision par le trafic croissant généré par ces chatbots, qu’il jugeait coûteux pour ses serveurs.
Les plaintes qui ont tout déclenché
Trois sociétés ont porté plainte auprès des autorités européennes. Parmi elles, la start-up française Agentik et l’américaine The Interaction Company, éditrice de Poke.com. Ces acteurs dénonçaient un accès bloqué à la messagerie, tandis que Meta AI continuait de fonctionner sans contrainte.
Cette enquête de concurrence a été ouverte fin 2025 par la Commission européenne. Pourtant, le dossier vient seulement de connaître son premier vrai débouché concret en 2026.
« Les tarifs imposés rendaient la situation économiquement intenable pour les rivaux. »
La Commission européenne tranche en faveur de la concurrence sur WhatsApp
Ce mardi, Bruxelles a rendu une décision provisoire nettement défavorable à Meta. La Commission impose désormais à l’entreprise de rétablir un accès gratuit aux assistants d’IA concurrents sur sa messagerie. Teresa Ribera, commissaire chargée de la concurrence, a porté cette mesure.
Le groupe californien dispose de cinq jours ouvrables pour se conformer à la décision. Il devra maintenir cet accès gratuit jusqu’à la fin de l’enquête. Par conséquent, des outils comme ChatGPT pourraient rapidement redevenir accessibles depuis la messagerie.
- La décision est provisoire, dans le cadre d’une enquête ouverte fin 2025.
- Meta dispose de cinq jours ouvrables pour se conformer.
- L’accès aux IA concurrentes devra être gratuit jusqu’à la fin de l’enquête.
- En cas de refus, l’amende peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial de Meta.
- Agentik et The Interaction Company, éditrice de Poke.com, sont parmi les plaignants.
Meta conteste et annonce un appel
Le propriétaire de la messagerie refuse d’accepter cette décision sans réagir. Le groupe conteste fermement et annonce son intention de faire appel. Il dénonce une décision qui offrirait à ses rivaux un produit payant sans contrepartie.
Pourtant, pour les jeunes pousses européennes du secteur, cette mesure représente une véritable bouffée d’oxygène. Des acteurs comme Agentik, start-up française, peuvent ainsi espérer retrouver un accès équitable à l’une des messageries les plus répandues au monde.
Ce que cela change concrètement pour les utilisateurs WhatsApp
Pour vous, utilisateur de WhatsApp au quotidien, cette décision ouvre une perspective concrète. Vous pourriez bientôt interagir avec ChatGPT ou d’autres assistants IA directement depuis la messagerie, sans frais supplémentaires et sans changer d’application.
De plus, cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large. L’Europe renforce son contrôle sur les grandes plateformes numériques qui occupent une position dominante. En revanche, l’issue finale dépendra du résultat de l’enquête toujours en cours.
Meta avait misé sur une stratégie d’exclusivité autour de son propre assistant. Désormais, cette stratégie se heurte à un obstacle réglementaire de taille. Reste à savoir si cette décision provisoire de Bruxelles redessinera durablement le marché des assistants conversationnels en Europe.