Tuxboard - Panneaux solaires : après 22 ans ils conservent encore 85,3 % de leurs performances selon une étude brésilienne

Une étude brésilienne révèle que des panneaux solaires affichent encore 85,3 % de performance après 22 ans d'utilisation intensive.

Les panneaux solaires vieillissent-ils vraiment mal ? Une étude brésilienne vient bousculer cette idée reçue. Après 22 ans d’utilisation, des modules photovoltaïques affichent encore des performances surprenantes.

Des panneaux solaires toujours efficaces après plus de deux décennies

En l’an 2000, des chercheurs de l’Université fédérale de Santa Catarina (Brésil) ont installé des modules multicristallins sur un bâtiment universitaire. Ces équipements ont été démantelés en 2022 pour analyser leur état. Les résultats, publiés dans la revue Solar Energy Advances, sont étonnants.

Pendant 22 ans, ces panneaux solaires ont subi des conditions difficiles : températures intenses, fort ensoleillement et exposition à l’air marin d’une île côtière de l’Atlantique. Pourtant, ils ont conservé un ratio de performance de 85,3 %.

Une dégradation bien plus faible que prévu

Le rapport indique une dégradation annuelle de seulement 0,4 % à 0,5 %. En 2000, le fabricant estimait cette perte à 1 % par an. Les garanties de l’époque promettaient 80 % de performance après 20 ans. Ces modules ont donc largement dépassé les attentes.

« Les résultats démontrent que les modules photovoltaïques de seconde vie peuvent fonctionner de manière sûre et efficace après leur déclassement et plus de deux décennies après leur fabrication. »

De plus, les chercheurs ont observé un vieillissement extrêmement lent du silicium. Par conséquent, ces équipements restent exploitables bien au-delà de leur durée de vie théorique.

Un marché de seconde main difficile à envisager

Malgré ces performances encourageantes, les panneaux solaires d’occasion peinent à trouver leur place. D’une part, le rendement au mètre carré a considérablement augmenté en 20 ans. D’autre part, le prix du solaire a chuté d’environ 90 % sur cette période.

  • Les modules neufs offrent une efficacité énergétique bien supérieure
  • Les prix des équipements neufs sont très compétitifs
  • Le gain à l’achat d’occasion est annulé par la perte de production
  • Aucun protocole de test standardisé n’existe pour l’occasion
  • L’inspection et la certification restent coûteuses

Ainsi, une concurrence féroce et des prix cassés rendent les panneaux solaires de seconde main peu attractifs pour le grand public.

L’absence de réglementation freine le développement

Le rapport souligne un obstacle majeur : l’absence de critères d’acceptation pour la réutilisation. Entre l’inspection, la certification et le reconditionnement, aucun cadre n’existe actuellement. Dès lors, un véritable marché reste difficilement envisageable en 2026.

Les chercheurs préconisent des procédures de vérification rapides et peu coûteuses après le démantèlement. Cette approche permettrait de réduire les coûts de reconditionnement.

Une opportunité pour les communautés à faibles revenus

L’objectif des chercheurs est clair : proposer des panneaux solaires de seconde main à des applications sociales. Ces équipements pourraient bénéficier aux communautés à faibles revenus, qui n’ont pas accès aux modules neufs.

Dans cette logique, l’extraction des matériaux et le recyclage complet ne seraient plus systématiques. Ainsi, des modules encore fonctionnels pourraient avoir une seconde vie utile plutôt que d’être détruits.

Cette étude ouvre donc une réflexion importante sur l’avenir des installations photovoltaïques vieillissantes. Avec un encadrement adapté, le marché de l’occasion pourrait enfin voir le jour et démocratiser l’accès à l’énergie solaire.