Selon Kaspersky, une arnaque par message coûte en moyenne 1027 euros en France et piège ses victimes en moins de 30 minutes.
Un simple SMS reçu un soir ordinaire, et c’est parfois des centaines d’euros qui disparaissent en quelques minutes. Une étude de Kaspersky chiffre pour la toute première fois l’ampleur des arnaques par message, et les résultats sont particulièrement préoccupants pour les internautes français.
Plus de 1 000 euros perdus en moins de 30 minutes en France
Le rapport de Kaspersky s’appuie sur les témoignages de victimes du monde entier. Ainsi, il mesure « la rapidité, le coût et le lourd impact psychologique des arnaques par messagerie ». Les chiffres sont sans appel.
En moyenne, une escroquerie par message coûte 630 euros dans le monde. En France, ce montant grimpe bien au-delà : le coût moyen atteint 1 027 euros. En pleine crise du coût de la vie, cette somme représente, selon Kaspersky, l’équivalent d’un mois de courses, de frais de transport, de garde d’enfants ou de factures d’énergie.
Par ailleurs, dans 38 % des cas, les montants ponctionnés restent inférieurs à 115 euros. Pourtant, même ces petites pertes peuvent masquer un préjudice bien plus lourd, car les vols de données qui accompagnent ces escroqueries ouvrent souvent la voie à de nouvelles fraudes.
Des attaques éclair qui ne laissent pas le temps de réagir
Ce qui rend ces escroqueries si redoutables, c’est leur rapidité. Selon les chercheurs, un peu plus de la moitié des arnaques par message aboutissent en moins de 30 minutes. La moitié des victimes françaises communiquent leurs données en moins d’une demi-heure.
Plus alarmant encore : dans plus de 10 % des arnaques enregistrées en France, la victime a cédé ses informations en moins de dix minutes. Ces attaques ne demandent donc que peu de suivi de la part des pirates.
« En pleine crise du coût de la vie, cette perte peut représenter l’équivalent d’un mois de courses, de frais de transport, de garde d’enfants ou de factures d’énergie. »
SMS, WhatsApp, Facebook : des escroqueries qui sautent d’une plateforme à l’autre
Ces fraudes débutent le plus souvent par un SMS ou un message iMessage (43 %), puis viennent WhatsApp (33 %) et Facebook (27 %). Ainsi, les cybercriminels choisissent les canaux les plus utilisés au quotidien pour se fondre dans la masse.
Afin de déstabiliser leurs cibles, les escrocs passent volontiers d’une application à une autre au cours de la même escroquerie. Kaspersky indique que 52 % des escroqueries exploitent plusieurs services en ligne, par exemple de WhatsApp vers Telegram. Un SMS peut rediriger vers un compte WhatsApp, puis vers un canal Telegram, rendant le suivi de la fraude plus difficile.
Ce saut entre plateformes crée aussi une confusion chez la victime, qui perd le fil de la conversation et baisse sa vigilance. De fait, cette technique multiplie les chances de succès pour les pirates.
- Les arnaques par message débutent par SMS/iMessage dans 43 % des cas.
- WhatsApp est la deuxième plateforme de départ, avec 33 % des escroqueries.
- 52 % des fraudes exploitent plusieurs services en ligne simultanément.
- Dans 48 % des cas, les victimes ont perdu de l’argent directement.
- Dans 36 % des escroqueries, des données personnelles ont été communiquées aux escrocs.
Une victime peut en cacher une autre : le piège de la récidive
Tomber une fois dans le piège ne suffit pas aux escrocs. Kaspersky précise que « les victimes sont ciblées de manière répétée » dès lors que les pirates savent qu’elles peuvent être piégées. Autrement dit, avoir déjà répondu à une escroquerie augmente le risque d’en recevoir d’autres.
Dans 36 % des escroqueries recensées dans le monde, les victimes ont communiqué des données personnelles : numéros de téléphone, adresses e-mail, coordonnées postales ou identifiants de connexion. Ces informations peuvent ensuite conduire à des vols d’argent supplémentaires.
Par conséquent, si vous avez déjà répondu à un message suspect, il faut redoubler de prudence face aux sollicitations futures, même celles qui semblent parfaitement anodines.
L’IA efface les derniers repères : tout le monde est désormais visé
Contrairement aux idées reçues, les personnes âgées ou peu familières du numérique ne sont plus les seules cibles. Les victimes des arnaques par message « sont issues de toutes les générations, de la génération Z à la génération X », selon Kaspersky. Face à la rapidité de ces attaques et à leur apparence familière, l’expérience numérique n’offre plus de protection réelle.
Ce glissement s’explique par l’essor de l’intelligence artificielle générative. Désormais, les messages frauduleux ne contiennent plus de fautes d’orthographe ni d’erreurs de syntaxe, ces détails qui permettaient aux internautes jeunes de détecter une escroquerie. De plus, les pirates utilisent l’IA pour générer des deepfakes vidéo ou audio, rendant les fausses identités encore plus crédibles.
Ainsi, l’IA aide les escrocs à usurper l’identité de marques, de voix connues et de proches à une échelle inédite. Une arnaque par message peut désormais prendre la forme d’un audio de votre banque, d’un message de votre fils ou d’une offre d’un grand distributeur. Ces nouvelles formes d’escroquerie sont, selon Kaspersky, « pensées pour être indiscernables de nos communications habituelles ».
En réponse à cette menace, la société russe appelle tous les utilisateurs à prendre « le temps de la réflexion » avant de répondre à tout message reçu par SMS, sur WhatsApp ou sur Facebook Messenger. L’essor des arnaques générées par l’IA a provoqué, selon Kaspersky, « une véritable crise de confiance » chez les internautes, qui peinent désormais à distinguer les vrais messages des faux.