Tuxboard - Cette startup française fabrique ses puces quantiques 12 fois plus vite grâce à un procédé breveté unique au monde

En 2026, C12 assemble 50 puces quantiques en 4 semaines grâce à Pick & Place, un procédé breveté unique au monde.

Une startup parisienne vient de franchir un cap technique qui pourrait changer le visage du calcul quantique en France. La course à la fabrication fiable de puces quantiques semblait encore lointaine il y a peu, mais C12 vient de prouver que les choses s’accélèrent, et de façon spectaculaire.

C12 et ses processeurs quantiques à base de nanotubes de carbone

Fondée en 2020, C12 a fait un pari singulier dès le départ. Là où la plupart des acteurs du secteur misent sur des qubits supraconducteurs ou des atomes piégés, la startup parisienne a choisi de construire ses qubits à partir de nanotubes de carbone. Ces cylindres moléculaires sont 100 000 fois plus fins qu’un cheveu humain.

Cette approche est issue des laboratoires de l’École normale supérieure. Elle offre en théorie une meilleure stabilité des qubits, et donc moins d’erreurs de calcul. Ainsi, C12 se distingue nettement de ses concurrents à l’échelle mondiale.

Pourtant, passer du laboratoire à la production restait un obstacle de taille. Fabriquer ces processeurs quantiques à grande échelle était, jusqu’ici, un défi presque insurmontable.

Pick & Place : un procédé breveté qui change tout

C12 vient d’annoncer Pick & Place, un procédé de nano-assemblage entièrement conçu en interne. Il permet de transférer des nanotubes de carbone individuels sur des puces de silicium avec une précision micrométrique, sous vide ou en atmosphère inerte.

De plus, le procédé introduit une étape de présélection clé : chaque nanotube est qualifié électriquement avant d’être intégré. C12 est désormais la seule entreprise au monde capable de réaliser cette opération à l’échelle du qubit.

« Imaginez déposer un cheveu sur une surface grande comme Paris, à quelques rues près. C’est, à l’échelle nanométrique, le défi que relève C12 à chaque fois qu’elle assemble l’un de ses processeurs quantiques. »

Par conséquent, la cadence de production a fait un bond historique. En quatre semaines, C12 a assemblé 50 dispositifs, là où il lui fallait toute l’année 2025 pour en produire autant. La fabrication a ainsi été multipliée par douze.

Un saut industriel majeur pour les puces quantiques

Jusqu’ici, la croissance des nanotubes et la fabrication des puces étaient deux étapes liées, peu flexibles. En les dissociant, C12 gagne en modularité. La startup peut désormais sélectionner les meilleurs nanotubes avant de les intégrer, et non plus après.

La puce dite Haute Densité illustre cette avancée. Elle intègre 17 dispositifs quantiques sur une même puce, un record pour C12. Assembler plusieurs nanotubes avec précision et reproductibilité est désormais faisable en série.

Le procédé est aussi partiellement automatisé, ce qui ouvre la voie à une montée en cadence progressive. Si C12 ne fabrique pas encore des processeurs quantiques en masse – personne ne le fait – elle pose les fondations industrielles pour y parvenir.

  • Pick & Place est un procédé breveté, conçu entièrement en interne par C12.
  • Les nanotubes de carbone sont qualifiés électriquement avant intégration, une première mondiale à l’échelle du qubit.
  • 50 dispositifs assemblés en quatre semaines, contre une année entière auparavant.
  • La puce Haute Densité intègre 17 dispositifs quantiques sur une même puce, un record pour C12.
  • Le procédé est partiellement automatisé, ce qui prépare une montée en cadence progressive.

Une feuille de route en quatre générations de processeurs

Cette avancée s’inscrit dans une feuille de route qui prévoit quatre générations de processeurs. L’objectif final est de dépasser les 100 000 qubits physiques, intégrables directement dans un datacenter.

Un tel horizon repose sur une condition sine qua non : savoir fabriquer ces puces de manière fiable et reproductible. Pick & Place va précisément dans ce sens, en apportant une réponse concrète à ce verrou industriel.

C12 en 2026 : une équipe et des moyens qui grandissent

C12 compte aujourd’hui plus de 60 collaborateurs et a levé plus de 25 millions d’euros. Ces chiffres témoignent d’une dynamique solide pour une startup du secteur quantique.

La startup a aussi recruté récemment Julien Sarry, ancien d’Apple, pour accélérer son industrialisation. Ce recrutement illustre la volonté de C12 de structurer sa croissance avec des profils issus de grandes chaînes de production mondiale.

Ainsi, la France se dote d’un acteur crédible dans la course mondiale aux puces quantiques. C12 ne promet pas la lune, mais démontre, chiffres à l’appui, qu’elle avance méthodiquement vers ses objectifs.