Tuxboard - « Selon les experts, un tiers des panneaux solaires récents se brisent seuls » : la raison que les fabricants taisent

En 2025, un tiers des panneaux solaires testés ont cassé spontanément. La cause principale est un verre aminci de 3,2 mm à 2 mm.

Vous investissez dans des modules solaires pour produire votre électricité pendant des décennies. Pourtant, un phénomène préoccupant se répand dans le secteur : des panneaux solaires qui se brisent spontanément, sans choc, sans tempête, parfois avant même d’avoir produit le moindre kilowattheure. Ce que les tests de fiabilité révèlent aujourd’hui remet en question des choix industriels profonds.

Des bris de verre à des niveaux records en 2025

Le laboratoire Kiwa PVEL, spécialisé dans les tests de fiabilité des modules solaires, a enregistré en 2025 des résultats alarmants. Selon PV Magazine, environ un tiers des modules testés ont cassé au deuxième trimestre, et un quart au quatrième trimestre. Ces chiffres marquent un niveau record de bris de verre.

Pourtant, les modules concernés répondaient aux normes en vigueur. Aucun choc particulier, aucune condition météo extrême ne justifiait ces ruptures. Les bris surviennent de manière spontanée, ce qui rend le phénomène d’autant plus difficile à anticiper pour les propriétaires d’installations.

Ainsi, des particuliers se retrouvent avec un module hors service, sans en comprendre la cause. De plus, la situation soulève une question de fond : pourquoi des modules neufs, certifiés conformes, cassent-ils si facilement ?

Trois causes qui fragilisent les modules modernes

La première source de faiblesse réside dans les défauts microscopiques. Ces microfissures, invisibles à l’œil nu, peuvent apparaître lors de la découpe du verre, pendant le transport, la manutention ou en cours de fabrication. Sous l’effet des variations de température, du vent ou des contraintes mécaniques, elles s’étendent progressivement jusqu’à la rupture.

Par ailleurs, certains composants du module exercent eux-mêmes une pression directe sur le verre. Un cadre en aluminium mal ajusté, un excès d’adhésif ou de silicone, des tensions accumulées pendant l’assemblage : tous ces éléments peuvent fragiliser l’ensemble du système.

Enfin, la taille croissante des modules joue un rôle déterminant. Les fabricants conçoivent désormais des formats de plus en plus larges. Ces grands formats subissent davantage de flexion lors du transport et de la pose, d’autant que les structures de montage et les cadres n’ont pas toujours suivi cette évolution dimensionnelle.

« Les modules sont bien certifiés selon les standards existants en matière de résistance et de verre trempé, mais la multiplication des bris spontanés révèle les limites de ces référentiels. » – Tristan Erion-Lorico, vice-président chez Kiwa PVEL, cité par PV Magazine

Le verre plus fin : le choix qui change tout pour vos panneaux solaires

Derrière ces trois facteurs se cache une décision industrielle centrale. Pour alléger les modules et comprimer les coûts, l’industrie est passée, sur les modules double verre (glass-glass), d’une épaisseur de 3,2 mm à seulement 2 mm. Les panneaux solaires de nouvelle génération ont, dans leur grande majorité, un verre bien plus fin qu’auparavant.

Ce choix, en apparence technique, a des conséquences concrètes. Un verre plus fin résiste moins bien aux contraintes mécaniques accumulées. De plus, combiné à des formats XXL et à des microfissures de fabrication, il forme un terrain propice aux ruptures prématurées.

En revanche, si l’épaisseur d’origine de 3,2 mm avait été maintenue, les autres facteurs auraient peut-être eu un impact bien moindre. C’est précisément ce que soulignent les experts du secteur : la réduction d’épaisseur est le point de bascule qui amplifie tous les autres risques.

  • Les modules double verre sont passés de 3,2 mm à 2 mm d’épaisseur de verre.
  • Les microfissures peuvent apparaître dès la fabrication, sans être visibles à l’œil nu.
  • Les grands formats XXL subissent davantage de flexion lors du transport et de la pose.
  • Un cadre en aluminium mal ajusté ou un excès de silicone peut fragiliser le module.
  • Les modules bifaciaux à double face vitrée sont parmi les plus exposés au risque de bris.

Des normes qui n’ont pas suivi l’évolution des produits

Tristan Erion-Lorico, vice-président chez Kiwa PVEL, le confirme : les modules sont certifiés conformes aux standards actuels de résistance et de verre trempé. Pourtant, ces référentiels ne tiennent pas compte des nouvelles réalités du terrain, à savoir des modules plus grands, plus fins, soumis à des contraintes que les normes n’anticipaient pas.

Il en résulte une zone floue entre conformité réglementaire et performance réelle sur plusieurs décennies. Ainsi, plusieurs acteurs du secteur appellent désormais à une révision des normes, afin qu’elles intègrent les contraintes propres aux modules modernes. Ce chantier n’est pas encore engagé à ce jour.

Ce que cela change concrètement pour les particuliers pour les panneaux solaires

Si vous avez récemment installé des modules solaires au verre fin de 2 mm et au format XXL, votre installation fait partie des plus exposées. Le risque est accentué pour les modèles bifaciaux à double face vitrée, de plus en plus répandus sur le marché résidentiel.

Un module qui se brise n’est plus étanche. De plus, il peut poser des problèmes de sécurité électrique. En revanche, ce type de défaillance reste couvert par la garantie produit du fabricant, généralement fixée entre 10 et 15 ans. En cas de doute sur l’état d’un module, c’est l’installateur qui doit servir d’interface avec le fabricant.

Par conséquent, face à ce constat, la vigilance s’impose dès la réception des modules. Vérifier l’absence de fissures visibles à la livraison, signaler tout problème rapidement et conserver les documents de garantie restent des réflexes essentiels pour tout propriétaire d’une installation solaire.