La recharge gratuite pour voiture électrique disparaît en 2026. IKEA, Lidl, Leclerc et Carrefour facturent désormais leurs bornes.
La recharge gratuite pour voiture électrique a longtemps semblé un acquis. Pourtant, en 2026, cet avantage s’effrite enseigne après enseigne, ville après ville. Voici ce qui change concrètement, et ce qu’il vous en coûtera désormais à la borne.
La fin progressive de la gratuité dans les grandes enseignes
Pendant des années, recharger sur le parking d’un supermarché ne coûtait rien. Les distributeurs y voyaient un moyen simple d’attirer des clients, et l’électricité restait bon marché. Avec la hausse des tarifs de l’énergie, ce calcul a changé pour tout le monde.
IKEA et Lidl ont coupé les compteurs entre 2021 et 2025. Chez IKEA, c’est désormais IZIVIA qui gère le réseau, avec des tarifs entre 0,35 et 0,60 €/kWh selon le badge utilisé, contre zéro euro auparavant. Chez Lidl, il faut compter 0,29 euro le kWh en courant alternatif et 0,39 euro le kWh en courant continu.
Leclerc, de son côté, a lancé « Charge E-Lec » en partenariat avec Freshmile en janvier dernier, à partir de 0,25 euro par kWh. Quelques Intermarché et Super U indépendants proposent encore la gratuité, mais à la discrétion de chaque magasin.
Carrefour joue la carte de l’abonnement conditionné
Depuis le 1er avril dernier, Carrefour a revu son système. Seuls les porteurs de la Carte Pass, à 20 euros par an, bénéficient d’une heure gratuite sur les bornes 22 kW. Avec la Carte Club gratuite, il ne reste plus qu’une remise de 10 %.
En clair, l’accès libre a disparu. Il faut désormais souscrire un abonnement payant, puis calculer la valeur du cagnottage selon ses habitudes d’achat. Ce modèle conditionne donc la recharge à une fidélité commerciale, pas à un simple besoin de mobilité.
« D’après des données issues de Chargemap, il resterait environ 6 233 points de recharge gratuits dans l’Hexagone. »
Des frais d’occupation qui s’ajoutent au prix du kWh
Rester branché trop longtemps coûte aussi de l’argent, notamment chez Electra. Le réseau applique des frais d’occupation dès que la batterie dépasse 80 % et que la station affiche complet. Cinq minutes de grâce sont accordées, puis la facturation démarre à 0,40 euro par minute, plafonnée à 50 euros.
Au-delà de 80 %, la puissance de charge tombe à seulement 20 % du maximum. Gagner les derniers pourcents prend donc beaucoup de temps pour un gain d’autonomie très faible. Par conséquent, rester branché après ce seuil bloque la borne pour les conducteurs suivants sans réel bénéfice pour vous.
Ce type de frais d’occupation tend à se généraliser sur les réseaux à forte fréquentation. Ainsi, même sans augmentation du prix au kWh, la note finale peut grimper si vous ne débranchez pas rapidement après la recharge.
- Chez IKEA, le tarif varie entre 0,35 et 0,60 €/kWh selon le badge utilisé via IZIVIA.
- Chez Lidl, comptez 0,29 €/kWh en courant alternatif et 0,39 €/kWh en courant continu.
- Chez Leclerc, « Charge E-Lec » propose des tarifs à partir de 0,25 €/kWh via Freshmile.
- Chez Electra, les frais d’occupation atteignent 0,40 euro par minute après 80 % de charge, plafonnés à 50 euros.
- Sur une borne Carrefour, un badge d’itinérance tiers peut coûter jusqu’à six fois plus cher que l’application native : 27 euros pour 42 kWh contre 4,20 euros via l’application officielle par mois.
Le stationnement gratuit aussi remis en cause en ville
En ville, les règles varient selon les communes. À Lyon, les conducteurs d’un véhicule électrique paient leur stationnement depuis juin 2024. À Paris, en revanche, les véhicules de moins de 2 000 kg se garent gratuitement en surface depuis octobre 2024.
Pourtant, avec un Tesla Model X ou un BMW iX au-delà de ce seuil de poids, la facture peut atteindre jusqu’à 18 euros de l’heure dans les arrondissements centraux. De plus, le stationnement et la recharge sont deux postes de coût désormais bien distincts dans les grandes agglomérations.
Il reste des îlots de gratuité, mais avec des limites importantes
Quelques points de recharge gratuits subsistent en France. À Montpellier, les résidents des 31 communes de la Métropole peuvent recharger sans frais sur les bornes e-City de 3 kW via l’application M’Ticket TaM. À Nantes, certains parkings payants proposent aussi la gratuité sur des bornes de 3 kW.
Mais 3 kW, c’est très insuffisant pour une recharge rapide en déplacement. En pratique, ces bornes conviennent plutôt à un stationnement prolongé de plusieurs heures, pas à une recharge express entre deux trajets. Ainsi, la gratuité subsiste, mais dans des conditions qui ne répondent pas à tous les usages.
Par ailleurs, le choix du badge ou de l’application reste déterminant sur le coût final. Sur une même borne Carrefour, passer par un badge d’itinérance tiers peut revenir à 27 euros pour 42 kWh, contre 4,20 euros via l’application officielle par mois. La différence de prix pour la recharge d’un même véhicule électrique peut donc être considérable selon le moyen de paiement utilisé.
Désormais, bien choisir sa carte ou son application de recharge est devenu aussi stratégique que de choisir son fournisseur d’électricité à domicile. Le paysage de la recharge publique en France se complexifie, et les tarifs varient fortement d’un réseau à l’autre, d’un badge à l’autre.