Tuxboard - « Le projet de coach santé IA d'Apple a été chamboulé » : ce que Apple Santé cache encore à ses utilisateurs

Apple santé fait l'impasse sur l'IA dans iOS 27, pendant que Google, Samsung et Oura proposent déjà des conseils personnalisés.

Apple santé est au cœur d’une bataille que la firme de Cupertino semble peiner à remporter. Lors de la conférence WWDC 2026, Apple a misé massivement sur l’intelligence artificielle pour ses produits – pourtant, l’application dédiée au suivi du bien-être est restée à l’écart de cette révolution. Un choix qui interroge, alors que la concurrence avance à grands pas.

Une WWDC 2026 centrée sur l’IA, mais pas pour Apple Santé

Tout au long de la keynote, Apple Intelligence était partout. L’IA s’invite désormais dans l’analyse de vidéos dans l’application Maison, dans le recadrage automatique des photos, ou encore dans le tri des onglets dans Safari. Ainsi, presque chaque coin de l’écosystème Apple a reçu une injection d’intelligence artificielle.

Pourtant, Apple santé est restée à l’écart. La seule nouveauté annoncée pour l’application concerne le suivi de la périménopause et des cycles irréguliers. Ces fonctions seront utiles pour les personnes concernées, mais elles manquent nettement d’ampleur pour une mise à jour d’iOS centrée sur l’IA.

Par comparaison, des acteurs comme Samsung, Garmin, Amazfit ou Strava proposent déjà des conseils générés par l’IA dans leurs applications de santé. La tendance est claire : les utilisateurs veulent qu’on leur explique ce que leurs données signifient vraiment.

Des données collectées, mais rarement comprises

Voici le problème concret que vivent des millions de porteurs d’Apple Watch : ils mesurent leur fréquence cardiaque au repos, leur temps de sommeil, leur nombre de pas. Pourtant, sans contexte ni interprétation, ces chiffres restent muets. Savoir que sa fréquence cardiaque au repos est de 56 bpm ne sert à rien sans analyse ni conseil personnalisé.

C’est précisément pour répondre à ce besoin que Samsung a introduit un score d’énergie, que Garmin propose un score de Body Battery, et que Google a développé un score d’aptitude quotidienne. Apple, de son côté, a fait un premier pas avec l’application Signes Vitaux, la charge d’entraînement et un score de sommeil. Mais cela reste insuffisant face à ce que proposent désormais les concurrents.

« Cue a dit à ses collègues qu’Apple devait avancer plus vite et se montrer plus compétitif dans le secteur de la santé. Il a ajouté que de nouveaux rivaux – notamment Oura Health Oy et Whoop Inc. – proposent des fonctionnalités plus attrayantes et utiles, en particulier via leurs applications iPhone. »

Google, Oura, Whoop : la concurrence a pris de l’avance

Les nouveaux acteurs de la santé connectée ont compris avant les autres qu’un coach IA était indispensable. Oura et Whoop, par exemple, proposent des appareils sans écran. De ce fait, toute l’expérience utilisateur repose sur l’application smartphone, avec des scores, des analyses de performance et des conseils pour mieux dormir ou mieux récupérer.

Google a aussi franchi le pas. Son application Google Health intègre désormais un Coach Google Health alimenté par Gemini. Ce coach ne se contente pas d’analyser les séances d’entraînement ou le sommeil : il répond aussi aux questions des utilisateurs à tout moment dans l’application, sur leurs données, leurs habitudes ou leur récupération.

Samsung Health, Garmin Connect, Zepp pour les montres Amazfit : tous ces acteurs proposent des conseils IA intégrés. Apple, en revanche, reste sur un modèle de collecte de données brutes, sans véritable interprétation automatisée pour le grand public.

  • Samsung Health : score d’énergie et conseils IA pour les Galaxy Watch
  • Garmin Connect : score de Body Battery et analyses personnalisées
  • Google Health : Coach alimenté par Gemini, disponible à tout moment
  • Oura et Whoop : scores et conseils IA au centre de l’interface, sans écran sur l’appareil
  • Bevel : application tierce qui interprète les données d’Apple Santé avec un chatbot IA

Le projet « Mulberry » : une refonte en retard

Selon le journaliste Mark Gurman de Bloomberg, Apple travaillait sur un abonnement Apple Health+ incluant un « nouveau coach de santé basé sur l’IA avec des programmes de nutrition et des suggestions médicales ». Ce projet aurait pourtant été chamboulé en début d’année, après l’arrivée d’Eddy Cue à la tête de la division santé d’Apple.

Eddy Cue aurait estimé que le projet en cours n’était pas à la hauteur des attentes. Le chantier, baptisé « Mulberry » en interne, serait ainsi retardé pour proposer une version plus substantielle. iOS 27 est attendu pour la rentrée de septembre, ce qui laisse encore quelques mois à Apple pour annoncer une refonte de son application de suivi du bien-être.

Bevel, l’application qui fait le travail qu’Apple ne fait pas encore

Face à l’attente des utilisateurs, une application tierce a su tirer parti du vide laissé par Apple santé. Bevel récupère les données stockées dans l’application et les interprète avec des scores, des conseils personnalisés et un chatbot alimenté par IA. De nombreux utilisateurs se sont ainsi détournés de l’interface native pour adopter cette solution alternative.

Ce cas illustre un risque réel pour Apple. Sans évolution rapide, l’application de suivi santé de la marque pourrait se réduire à une simple base de données, sans véritable valeur ajoutée pour l’utilisateur lambda. Des applications comme Bevel ou des plateformes comme Google Health montrent pourtant qu’il est possible d’aller bien plus loin.

De plus, la prudence d’Apple dans le domaine de la santé est compréhensible : les données médicales sont sensibles, et une fausse analyse pourrait avoir des conséquences. Mais cette prudence a un coût. Désormais, Apple santé doit trouver le bon équilibre entre rigueur médicale et utilité quotidienne pour rester dans la course face à des concurrents qui, eux, n’ont pas attendu.

La question n’est plus de savoir si Apple doit intégrer l’IA dans son application de suivi du bien-être, mais bien de savoir à quelle vitesse. En revanche, chaque mois de retard laisse un peu plus de terrain aux Oura, Whoop, Google et autres Samsung qui, eux, ont déjà convaincu leurs utilisateurs que leurs données valent bien plus qu’un simple tableau de chiffres.