Tuxboard - « Les chatbots, c'est terminé » : un employé senior d'OpenAI révèle ce que ChatGPT va vraiment devenir

En 2026, OpenAI transforme ChatGPT en superapp intégrant agents IA et outils de code. Le chatbot tel qu'on le connaît disparaît.

Imaginez un outil que vous utilisez chaque jour pour poser des questions, rédiger des e-mails ou chercher des informations. Désormais, cet outil pourrait réserver vos voyages, générer vos visuels et piloter vos projets professionnels, le tout sans changer d’application. OpenAI prépare une transformation radicale de ChatGPT, et ce changement pourrait redéfinir la façon dont vous travaillez au quotidien.

De chatbot à superapp : ce que prépare OpenAI

L’entreprise ne veut plus que ChatGPT soit un simple outil de conversation. Elle prévoit de le transformer en une plateforme unifiée combinant agents IA, outils de développement et applications de partenaires comme Canva ou Booking.com. Concrètement, un agent IA pourrait réserver un voyage ou organiser un agenda à votre place, sans que vous ayez à quitter l’interface.

Au cœur de cette refonte se trouve Codex, l’outil de génération de code dont la base d’utilisateurs est passée de moins d’un million à 5 millions d’utilisateurs actifs par semaine depuis février 2026, soit une multiplication par six. C’est autour de lui que s’articule la nouvelle architecture de la plateforme. Ce virage avait été amorcé dès mars 2026, quand la fusion de ChatGPT, du navigateur Atlas et de Codex dans une application desktop unique avait été confirmée, après douze acquisitions en dix-huit mois.

Thibault Sottiaux, qui dirige désormais l’ensemble des produits et de la plateforme, résume l’ambition dans les colonnes du Financial Times : « Ce que nous construisons, c’est un agent personnel capable de vous aider dans tous les aspects de votre vie, que ce soit personnel ou professionnel. Vous pourrez vous y connecter depuis votre mobile, votre ordinateur ou le web. En voiture, vous pourrez lui parler. »

« Il y a un an, la stratégie d’OpenAI était de viser la lune, celle d’Anthropic était de gagner de l’argent d’abord. Aujourd’hui, les deux convergent, parce que les investisseurs se soucient plus de l’argent que des rêves. » – Jenny Xiao, partenaire chez Leonis Capital et ancienne chercheuse chez OpenAI (Financial Times)

Une IPO comme moteur du changement

Derrière cette refonte, la pression financière est forte. La société, valorisée à 850 milliards de dollars, prépare son entrée en bourse et doit prouver aux investisseurs qu’elle sait convertir ses utilisateurs en revenus. Or la majorité des utilisateurs de ChatGPT ne paient pas aujourd’hui.

Les 2 millions d’entreprises clientes représentent environ 40 % du chiffre d’affaires, un chiffre que l’entreprise espère porter à 50 % d’ici fin 2026. Par conséquent, le marché entreprise devient la priorité absolue. La concurrence d’Anthropic, avec son produit Claude Code, rend cette course encore plus urgente.

Ce qui change concrètement pour les utilisateurs

Les premières modifications devraient apparaître dans les semaines à venir sur le site et les applications mobiles de ChatGPT. L’interface sera redessinée pour orienter les utilisateurs vers les outils de code, la génération d’images et les applications partenaires. À terme, ces invitations devraient disparaître : l’IA devrait comprendre automatiquement les intentions de l’utilisateur.

Ainsi, plusieurs projets ont déjà été abandonnés pour recentrer les ressources. Sora, le générateur de vidéos lancé il y a moins d’un an, a été fermé. De plus, une fonctionnalité de paiement intégré à ChatGPT a été mise de côté. Ces décisions ont été prises sous la direction d’une équipe produit réorganisée, après le départ de plusieurs cadres dont Kevin Weil, ancien directeur produit.

  • ChatGPT compte près de 900 millions d’utilisateurs dans le monde.
  • Codex a atteint 5 millions d’utilisateurs actifs par semaine depuis février 2026.
  • La fusion de ChatGPT, du navigateur Atlas et de Codex a été confirmée en mars 2026.
  • Les entreprises clientes représentent environ 40 % du chiffre d’affaires de la société.
  • Sora, le générateur de vidéos, a été fermé moins d’un an après son lancement.

En revanche, l’expérience pour les utilisateurs gratuits reste incertaine. La majorité d’entre eux ne paient pas, et la nouvelle orientation vers les entreprises pourrait creuser l’écart entre les offres gratuites et payantes. Pourtant, l’entreprise affirme construire un outil utile dans tous les contextes de vie, pas seulement dans les usages professionnels.

Des sacrifices assumés pour aller plus vite

La fermeture de Sora illustre bien la logique de recentrage à l’œuvre. Plutôt que de maintenir une multitude de produits distincts, la stratégie est désormais de concentrer les efforts sur une plateforme unique et cohérente. De même, la fonctionnalité de paiement intégré, pourtant prometteuse, a été mise de côté au profit des outils de productivité.

Cette discipline nouvelle traduit aussi une maturité organisationnelle. Après douze acquisitions en dix-huit mois, l’entreprise consolide ses actifs plutôt que d’en ajouter de nouveaux. Par conséquent, chaque choix produit est désormais arbitré à l’aune d’une question simple : est-ce que cela génère de la valeur pour les entreprises clientes ?

La fin des applications telles qu’on les connaît ?

L’ambition affichée va bien au-delà d’une simple refonte visuelle. Ce que dessine la société, c’est un futur où un seul assistant IA remplacerait la mosaïque de logiciels utilisés au quotidien – messagerie, agenda, éditeur de code, outil de design, moteur de réservation. Alex Embiricos, responsable des produits entreprise chez OpenAI, est direct à ce sujet.

Il affirme dans les colonnes du Financial Times : « Quand nous aurons l’intelligence artificielle générale, je ne pense pas qu’il y aura un grand nombre de marques distinctes. Il y aura probablement une seule entité à qui je pourrai parler et qui pourra faire tout ce dont j’ai besoin. » Cette vision, aussi ambitieuse qu’elle paraisse, est désormais le cap officiel de l’entreprise.

Ainsi, la notion même de chatbot appartient peut-être déjà au passé. Un employé senior de la société le formulait sans détour : « Chat is dead. » Ce que OpenAI construit en 2026 ressemble bien moins à un assistant conversationnel qu’à une couche logicielle universelle, capable de se glisser dans chaque instant de votre journée.