Tuxboard - Netflix prépare en secret un studio entier dédié aux films d'animation générés par IA

Netflix travaillerait sur INKubator, un studio interne dédié aux courts métrages d'animation générés par IA générative, lancé en mars 2026.

Netflix se prépare discrètement à franchir un cap dans l’animation générée par intelligence artificielle. Selon un article publié par The Verge le 14 mai 2026, la plateforme travaillerait sur un studio interne baptisé INKubator, dédié à la production de courts métrages animés à l’aide de l’IA générative. Ce projet, encore non confirmé officiellement, illustre pourtant une tendance de fond dans l’industrie du streaming.

INKubator : un studio interne né dans la discrétion

Plusieurs profils LinkedIn suggèrent que cette division aurait été lancée discrètement en mars 2026. Son équipe dirigeante comprend notamment Serrena Iyer, passée auparavant par des postes stratégiques et opérationnels chez DreamWorks Animation, MRC Studios et A24 Films. Ce recrutement de profils expérimentés témoigne d’une ambition qui dépasse la simple expérimentation.

Concrètement, la firme au N rouge a publié plusieurs offres d’emploi visant des producteurs, des ingénieurs logiciels et des artistes 3D. Ces publications confirment l’existence du projet, même si aucune communication officielle n’a encore été faite. Ainsi, l’existence d’INKubator repose pour l’instant sur ces seuls indices publics.

Ce que les offres d’emploi révèlent

Les annonces publiées sont particulièrement précises sur les objectifs du studio. L’une d’elles décrit INKubator comme « notre studio d’animation de nouvelle génération, dirigé par la création et natif de la GenAI », avec l’ambition de « faire le lien entre innovation et narration imaginative ».

« Vous serez responsable de superviser plusieurs réalisateurs / créateurs et artistes sur des projets de contenus de format court utilisant des technologies nouvelles et émergentes, y compris l’IA générative. »

Par ailleurs, le ou la futur·e responsable technologique devra veiller à ce que les investissements technologiques d’INKubator « accélèrent l’ambition créative […] à mesure que nous augmentons notre activité et que nous visons à nous étendre vers des contenus de plus longue durée ». De fait, l’ambition affichée dépasse clairement le format court.

Netflix et l’IA : une stratégie qui s’accélère en 2026

INKubator n’est pas la seule initiative de la plateforme autour de l’IA générative. Plus tôt cette année, la société a racheté InterPositive, une start-up spécialisée dans l’IA fondée par Ben Affleck. Pourtant, les deux projets ne poursuivent pas les mêmes objectifs.

InterPositive vise principalement l’usage de l’IA en postproduction. INKubator, en revanche, semble intégrer l’IA dès la conception même des contenus animés. Ces deux approches forment ainsi une stratégie globale autour de l’intelligence artificielle dans la création audiovisuelle.

  • INKubator est un studio interne dédié à l’animation générée par IA générative.
  • Le projet aurait été lancé discrètement en mars 2026, selon plusieurs profils LinkedIn.
  • Serrena Iyer, ancienne de DreamWorks Animation, MRC Studios et A24 Films, dirige l’équipe.
  • Netflix a aussi racheté InterPositive, start-up IA fondée par Ben Affleck, axée sur la postproduction.
  • L’ambition affichée vise à terme des contenus de plus longue durée, au-delà du court métrage.

À ce stade, INKubator serait consacré à la « création de courts métrages et de spéciaux d’animation en utilisant des pipelines de production expérimentaux, natifs de la GenAI ». La plateforme ne devrait donc pas produire des longs métrages comme Kpop Demon Hunters entièrement avec l’IA dans l’immédiat.

La fonctionnalité Clips, terrain d’accueil possible

Netflix a récemment repensé son application mobile avec l’ajout de Clips (« Extraits » en France), un fil vidéo vertical inspiré de TikTok. Jusqu’ici, cet espace diffuse surtout des bandes-annonces, des extraits de tournage et des contenus promotionnels. De fait, il pourrait aussi accueillir des animations courtes générées par IA.

Cet espace constitue ainsi un terrain naturel pour des formats originaux de courte durée. Reste à savoir si la plateforme compte y intégrer des créations issues d’INKubator.

Une hostilité persistante dans le secteur de l’animation

L’usage de l’IA dans l’animation suscite déjà une forte hostilité dans le secteur. Cette tension s’est notamment ravivée depuis la vague d’images « façon Ghibli » générées avec ChatGPT, qui a provoqué de vives réactions parmi les professionnels. De plus, ces débats ne sont pas nouveaux.

En 2016, Hayao Miyazaki avait qualifié une démonstration d’animation créée par IA « d’insulte à la vie elle-même ». Cette phrase résonne désormais avec une acuité particulière, au moment où des studios de l’envergure de Netflix franchissent ce pas. La question de la place des artistes dans ces nouveaux pipelines de production reste, par conséquent, entière.

L’information n’a pas encore été confirmée officiellement par la plateforme. Néanmoins, les offres d’emploi publiées et les profils LinkedIn recensés dessinent une trajectoire claire. L’industrie du streaming observe désormais avec attention jusqu’où cette ambition sera portée.