Tuxboard - Ces voitures radars privées qui flashent 329 jours par an sur les routes françaises sans que vous le sachiez

En 2026, des voitures radars privées circulent sans agent à bord sur les routes françaises. Voici les 12 modèles identifiés.

Des véhicules banalisés qui roulent sur les routes françaises, sans agent des forces de l’ordre à bord, et qui peuvent vous flasher à tout moment : les voitures radars privées sont désormais bien implantées sur le territoire hexagonal. Ce que beaucoup d’automobilistes ignorent encore, c’est la liste précise des modèles concernés et les régions où ils opèrent en 2026.

Le programme DEXTER : quand l’État confie le contrôle à des sociétés privées

Le cadre légal de cette opération repose sur le programme DEXTER, pour Dispositif EXTERnalisé. En juillet 2019, le Conseil d’État a validé la conduite de ces véhicules par des sociétés privées, comme Mobiom ou Othua. Ainsi, des chauffeurs salariés de ces entreprises prennent le volant à la place des policiers ou gendarmes.

Ces anciens véhicules des forces de l’ordre passent par des ateliers spécialisés avant d’être remis en service. De plus, chaque véhicule reçoit un kit d’externalisation complet. On y trouve des caméras qui lisent la signalisation routière, un système GPS à précision métrique, un projecteur infrarouge fixé sur la lunette arrière et un boîtier électronique qui analyse les données du radar Gatso Millia en direct.

Par conséquent, ces véhicules gardent leur mission de contrôle routier, mais sous un statut entièrement différent. L’État allonge ainsi la durée de vie de son parc automobile pour le rendre rentable au sein du secteur privé.

« Selon le rapport parlementaire de l’Assemblée nationale, une voiture radar privatisée roule en moyenne 329 jours par an, et même 356 jours par an en Gironde. »

Des véhicules banalisés qui flashent dans les deux sens

Ces engins de contrôle flashent dans les deux sens de circulation. La tolérance appliquée est de 10 km/h en dessous de 100 km/h, et de 10 % au-delà de ce seuil. En revanche, leur aspect banal rend leur détection difficile pour l’automobiliste lambda.

Certains modèles ont une dizaine d’années au compteur. Pourtant, leur équipement technologique reste pleinement opérationnel grâce aux kits installés en atelier. Ces dispositifs mobiles de contrôle roulent ainsi bien plus intensément que du temps où les forces de l’ordre les utilisaient.

La liste complète des modèles identifiés sur les routes en 2026

Une vingtaine de ces véhicules banalisés, anciennement utilisés par la police et la gendarmerie, circulent désormais pour le compte de sociétés privées. Plusieurs ont été repérés et identifiés ces dernières semaines grâce à leurs immatriculations. Voici les 12 modèles de voitures radars recensés sur les routes françaises en 2026 :

  • Renault Captur
  • Dacia Duster et Dacia Sandero
  • Peugeot 308 et Peugeot 508
  • Citroën C5 Aircross, Ford Focus et Ford Mondeo
  • Seat Leon, Skoda Octavia, Volkswagen Passat et Volkswagen Golf

De plus, des modèles comme la Volkswagen Golf, la Skoda Octavia, la Peugeot 508 et la Seat Leon font partie des premières reconversions réalisées. Plusieurs d’entre eux sont entrés en service il y a une dizaine d’années sous l’uniforme des forces de l’ordre.

Ainsi, l’État optimise son parc automobile existant plutôt que d’investir dans de nouveaux véhicules. Ces engins glanent des amendes pour le compte de l’État, piloté par des conducteurs salariés du privé.

Aucun véhicule électrique dans la flotte

La flotte ne compte, à ce jour, aucun véhicule 100 % électrique. La raison avancée tient aux temps de recharge, jugés incompatibles avec une utilisation aussi intensive. Pourtant, la tendance générale du parc automobile va vers l’électrique.

Par conséquent, ces véhicules thermiques continuent de sillonner les routes jour après jour, sans contrainte liée à une borne de recharge. Ce choix pragmatique prime, pour l’instant, sur toute considération écologique.

Où circulent ces véhicules de contrôle en 2026 ?

Ces véhicules de contrôle privés couvrent désormais la majeure partie du territoire hexagonal, à l’exception de l’Île-de-France, de la Corse et de l’Outre-Mer. Le déploiement s’est fait progressivement sur sept ans. La privatisation a démarré en 2018 en Normandie, puis s’est étendue en 2020 aux régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire.

En 2021, le Grand Est, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté ont rejoint le dispositif. Depuis 2025, les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur sont aussi couvertes. La progression est donc constante et méthodique.

En clair, si vous roulez en dehors de l’Île-de-France, de la Corse ou de l’Outre-Mer, vous pouvez croiser l’un de ces véhicules banalisés à tout moment. Aussi, rester vigilant sur la vitesse reste le seul moyen d’éviter un flash inattendu sur une route ordinaire.