Mercedes lance MB.Drive Assist Pro en Allemagne fin 2026 pour concurrencer le FSD de Tesla avec une conduite autonome supervisée L2+.
La conduite autonome prend une nouvelle dimension en Europe. Mercedes vient d’annoncer le déploiement prochain de son système de conduite assistée de niveau L2+ en Allemagne, et le calendrier présenté est précis. Reste à savoir si cela suffira à bousculer Tesla sur son terrain.
MB.Drive Assist Pro : un système déjà rodé ailleurs dans le monde
Baptisé MB.Drive Assist Pro, le système est développé en collaboration avec Nvidia. Il est déjà commercialisé en Chine depuis fin 2025 et devrait aussi être lancé aux États-Unis dans le courant de l’année 2026.
De niveau L2+, il s’appuie sur un réseau de neurones. Il permet une navigation de point à point : le conducteur entre une adresse, et le véhicule s’y rend seul, sous la vigilance de la personne au volant.
Ce fonctionnement est ainsi très proche du FSD de Tesla. Pourtant, le constructeur à l’étoile adopte une approche plus mesurée que son rival américain sur le marché européen.
« Notre objectif est clair : nous voulons rester à la pointe de la concurrence mondiale dans le domaine de la conduite assistée et automatisée. »
Jörg Burzer annonce le calendrier après une réunion à Berlin
C’est à la suite d’une réunion au ministère des Transports à Berlin que Jörg Burzer, chef de l’ingénierie du constructeur, a publié l’annonce sur son compte LinkedIn. Le système sera disponible dans certaines villes allemandes dès la fin 2026, avant une extension à l’ensemble du territoire à partir du début 2027.
Ce calendrier progressif tranche avec l’approche plus agressive de Tesla, qui, de son côté, contourne les directives européennes en passant par un cadre expérimental et indépendant. De son côté, le constructeur allemand n’a pas encore précisé quel cadre réglementaire il utilisera pour faire homologuer son logiciel en Europe.
Mercedes et BMW font un pas en arrière sur le L3
La conduite autonome de haut niveau reste un sujet épineux pour les constructeurs allemands. Ainsi, Mercedes et BMW ont toutes deux mis de côté leurs projets de niveau L3, où l’attention du conducteur n’est plus nécessaire. Ces développements, jugés trop coûteux, ont cédé la place à une stratégie recentrée sur le L2+.
Ce choix est stratégique. Le L2+ est moins onéreux à développer, plus rapide à déployer, et il reste dans un cadre réglementaire plus accessible. Par conséquent, les deux marques peuvent avancer sans attendre une harmonisation européenne complète.
Ce recentrage ne signifie pas un abandon de l’ambition. Il traduit plutôt une adaptation aux réalités du marché et aux contraintes légales actuelles du continent.
- MB.Drive Assist Pro est développé en partenariat avec Nvidia.
- Le système est déjà disponible en Chine depuis fin 2025.
- Le déploiement en Allemagne est prévu dans certaines villes dès fin 2026.
- L’extension à tout le territoire allemand est prévue pour début 2027.
- Mercedes et BMW ont toutes deux abandonné leurs projets de conduite autonome de niveau L3.
Un flou réglementaire qui profite surtout à Tesla
L’incertitude réglementaire en Europe reste entière. Tesla contourne déjà les directives en optant pour un statut expérimental, ce qui lui donne une longueur d’avance sur les constructeurs qui attendent un cadre officiel.
Si des acteurs européens comme le constructeur à l’étoile entrent sérieusement dans la course, l’Europe pourrait-elle accélérer ses discussions réglementaires ? Selon les observateurs du secteur, c’est peu probable à court terme. En revanche, ce retard dans la clarification des règles profite mécaniquement à Tesla, qui est déjà en position avancée sur le continent.
La conduite autonome supervisée : ce que cela change pour le conducteur
Pour un conducteur ordinaire, la différence entre L2 et L2+ peut sembler abstraite. De façon concrète, le niveau L2+ apporte une navigation autonome sur des trajets complets, de départ à destination, sans intervention manuelle constante. Le conducteur doit pourtant rester attentif et prêt à reprendre le contrôle à tout moment.
C’est donc une aide réelle au quotidien, notamment sur autoroute ou en zone urbaine dense. De plus, le recours à un réseau de neurones permet au système d’adapter sa conduite à des situations variables, comme un chantier imprévu ou un rond-point complexe.
Ainsi, ce que prépare le constructeur allemand pour l’Allemagne en 2026 représente une étape concrète vers une conduite plus sereine. La question de l’homologation reste ouverte, mais l’ambition, elle, est désormais clairement affichée.