Brian de Palma : ses anecdotes géniales de « Scarface» à « Mission Impossible »…

La chaîne Arte a encore régalé en consacrant toute une soirée à Brian De Palma. Le dimanche soir, le meilleur film à la télévision est bien souvent proposé par la chaine franco-allemande. Ainsi, en prime-time, a été proposé Obsession, un thriller qui a plus de 40 ans mais suivi par 1.1 million de Français hier.

Ensuite, le cinéaste a retracé sa riche filmographie, guidée par des œuvres très marquantes : Carrie au bal du diable, Bodydouble, Scarface, Les Incorruptibles, l’Impasse, Mission : Impossible… Durant près de 2 heures, cet admirateur de Hitchcock a livré les dessous de ses longs-métrages, avec une bonne humeur et une passion communicatives.

Marqué à vie par « Sueurs froides », d’Alfred Hitchcock, De Palma s’est toujours inspiré du maître du suspens. Très ami avec Lucas, Spielberg, Coppola et Scorcese, il fait partie des meilleurs. Durant une interview passionnante, réalisée par Noah Baumbach, il a relevé des anecdotes croustillantes sur l’ensemble de ses œuvres. Il a aussi été question de technique et de sa vision du cinéma. De quoi en prendre de la graine.

Voici une sélection de petites histoires concernant ses films majeurs :

Greeting (1968) : les débuts de De Niro !

Après deux rôles de figuration, offerts par Marcel Carné, Robert De Niro commence véritablement dans Greetings. Une première performance qui a conquis le cinéaste américain :

« De Niro crevait vraiment l’écran. Il était tellement génial qu’on s’est dit qu’on devait en faire le héros d’un film. C’est ce qu’on a fait, deux ans plus tard, dans Hi, Mom ! »

Sœurs de sang (1973) : le compositeur de Psychose, en pleine « psychose » durant la projection !

Brian De Palma a décidé de faire appel au célèbre compositeur Bernard Herrmann pour le terrifiant Sœurs de sang. Le musicien est célèbre pour les notes sous la douche dans Psychose. Pour une scène, De Palma a réutilisé la célèbre composition de Herrmann mais ce fut une très mauvaise idée…

« Il [Bernard Herrmann, ndlr] venait de faire un voyage en avion, il n’était pas de bonne humeur. Durant la projection, on a gardé sa bande-son de manière temporaire. Dès qu’il l’a entendue, il s’est mis à hurler « arrêtez la projection tout de suite ! Par pitié, je ne veux pas entendre ça ! Je ne peux pas regarder votre film en écoutant ça ! » On lui a donc passé le film sans musique car nous n’en avions pas de rechange (rires). Il nous avait vraiment fait peur»

Carrie au bal du diable (1976) : Une dernière scène tournée à l’envers… Ou presque !

Face aux multiples scènes sanguinolentes, cette scène de fin n’est pas dans toutes les têtes. Elle est pourtant marquante. Carrie au bal du diable se termine sur un rêve de Susan, se recueillant sur les débris de la maison de Carrie. Une scène très étrange, dont le rendu a été amplifié par une petite prouesse :

« Je l’ai filmée en train de marcher à l’envers pour donner une sorte d’étrangeté à la scène quand on la passerait dans l’autre sens. Il y a un plan similaire dans Délivrance lorsque Jon Voight rêve que les cadavres qu’il a jetés dans le lac remontent à la surface. »

La fameuse fin de Carrie

Scarface (1983) : la sérieuse brûlure d’Al Pacino !

Tout tournage comporte des risques, surtout pour des films qui pétardent à tout va. Al Pacino en a fait les frais dans son rôle épique de Toni Montana :

« Un jour, sur le tournage, Al [Pacino, ndlr] a attrapé son arme par le canon qui était très chaud. Il s’est brûlé la paume de la main. Il a dû aller à l’hôpital et a manqué le tournage durant 15 jours. J’avais ce délai-là pour tourner toutes les scènes sans lui. Autant vous dire que j’ai filmé des fusillades de toutes les façons inimaginables en attendant le retour de mon acteur vedette. Ça filmait et ça tirait dans tous les sens ! »

Bodydouble (1984) : Une actrice pornographique auditionnée pour l’un des rôles principaux !

Le romantique, kitsch et déambulateur Bodydouble comporte un casting féminin assez spécial. Le premier est rôle est tenu par Deborah Shelton, ancienne Miss USA. Le second, par Melanie Griffith, jusque-là inconnue. Mais pour le rôle de cette dernière, Brian De Palma avait auditionné une star du porno, Annette Haven ! Très osé…

« Cela a provoqué un tollé quand j’ai fait un bout d’essai avec Annette [Haven, ndlr]. Lorsque les patrons du studio ont appris que j’auditionnais une star du X sur le plateau 7, ils m’ont dit : « Vous ne pouvez pas faire ça ? » Je leur ai répondu : « désolé… Mais si. (rires) » Et j’ai auditionné Mélanie [Griffith, ndlr] puis Annette. Les autres ne voulaient pas de ce rôle car il était trop dénudé. »

Les Incorruptibles (1987) : l’enfer vécu par Sean Conneru durant la scène de sa mort !

Après avoir évité les balles dans tous les James Bond, Sean Connery a perdu de sa superbe. Un exemple avec les Incorruptibles où il s’est fait avoir comme un bleu. Une scène dont il se souviendra longtemps tant elle fut pénible pour l’acteur :

« Sean [Connery, ndlr] m’en a beaucoup voulu pour tous les coups de feu que je lui ai imposés. Il n’avait encore jamais pris de balles. En plus, il a reçu de la poudre dans les yeux et il a fallut l’emmener d’urgence à l’hôpital. J’ai dû le supplier de tourner une seconde prise. Il a détesté ça ! »

La mort douloureuse de Sean Connery

Outrages (1989) : Michael J.Fox humilié et poussé à bout par Sean Penn !

Il n y a pas que les personnages de Sean Penn et Michael J.Fox qui ne seraient pas partis en vacances ensemble dans Outrages. Les deux acteurs se sont tout simplement ignorés sur le tournage. Enfin, c’est plutôt Sean Penn qui s’est montré antipathique, prolongeant volontairement son odieux personnage du film.

« Michael [J.Fox, ndlr] s’est senti exclu par Sean [Penn, ndlr] et les autres. Pour une scène, Sean lui en a collé une monumentale, j’ai cru que Michael allait le tuer, puis, on a tourné la scène […]. La colère de Michael était sous-jacente et Sean l’a faite exploser. À la fin du film, quand Sean lui parle à l’oreille, il lui a murmuré : « acteur de télé ! » (rires). Sacré Sean ! Un acteur épatant ! »

L’impasse (1993) : Al Pacino se casse d’une scène de métro… En métro ! Pour rentrer chez lui !

Dans L’Impasse, De Palma retrouvait Al Pacino pour un nouveau film de gangsters. Mais les caprices de stars interviennent à tout âge. Pour le tournage d’une course-poursuite en métro, l’acteur a dû courir, veste en cuir sur le dos, sous une chaleur étouffante. Après des heures de séquence, il a dit stop, sans prévenir personne.

« J’essayais de le filmer depuis ma rame et, parfois, on était pas synchros. D’un coup, aux alentours de 4 heures du matin, son métro ne s’est pas arrêté, Al [Pacino] a disparu (rires). J’ai demandé à mon assistant ce qui se passait et il m’a fait : « Al a pris le métro pour rentrer chez lui » (rires). J’ai moi-même pris le métro pour le retrouver dans sa loge. Quand je suis rentré, il m’a dit, en nage : « mais qu’est-ce que tu fabriques ? » »

Mission : impossible (1996) : Tom Cruise a fait tuer tous ses partenaires à l’écran !

Tom Cruise est encore un jeune loup dans Mission : Impossible. Mais il a déjà les dents longues, comme on a pu le voir dans Entretien avec un Vampire. Donc, le réalisateur a dû parfaire un scénario convenable afin que nul ne puisse lui voler la vedette. Jon Voight, Emmanuelle Béart, Jean Reno et Kristin Scott Thomas peuvent aller se rhabiller…

« Beaucoup de stars internationales voulaient jouer dans ce film mais Tom voulait être LA star, or, les agents de Mission : Impossible sont une équipe. J’ai donc dit : « il faut tuer ses coéquipiers » ».

Redacted (2007) : Une actrice musulmane répudiée par sa famille suite à sa scène de viol

Dans Redacted, – comme dans Outrages – une scène de viol personnifie l’acte d’invasion de l’armée américaine. Dans ce film de 2007, la victime est incarnée par une jeune actrice musulmane. Or, en visionnant la scène, sa famille va tomber des nues, avec des conséquences dramatiques.

« Elle a été rejetée par toute sa communauté. Mais en tant qu’actrice, elle avait estimé avoir fait le bon choix. Alors, au lieu de l’abandonner à un sort incertain et parce qu’elle avait beaucoup de talent, je l’ai ramenée ici et je l’ai inscrite à l’école pour qu’elle réalise son rêve. Qu’elle qu’il soit ».

Le documentaire intégral sur la filmographie de Brian De Palma

https://www.youtube.com/watch?v=RUdgxirgS5E

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